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Une stratégie française adoptée en Irak

vendredi 11 mai 2007

Le grand chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, vient de reprendre une vieille théorie datant de la guerre d’Algérie

En clair : "Séparer les bons Irakiens des méchants" (formule ironique entendue à l’état-major français), et édifier des murs hauts de 4 mètres entre certains quartiers de Bagdad.

Considéré, à Washington, comme un brillant théoricien et praticien de la guerre subversive, le général Petraeus s’est passionné pour le livre d’un colonel français paru en 1964 aux Etats-Unis, mais jamais traduit en France.

Son auteur David Galula, est l’un des officiers qui, pendant la guerre d’Algérie, avaient cru possible d’obtenir une victoire à bon compte.

Ces remarquables stratèges avaient alors décidé de regrouper les Algériens présumés dociles dans des villages "fortifiés", afin de les isoler des zones rebelles", puis de placer l’ensemble sous le contrôle des unités françaises.

Dans ce livre de 146 pages, édité chez Praeger, le colonel français développait ces théories qui ont connu sur place le succès que l’on sait, et conduit nombre de ses collègues officiers à participer à un putsch, en avril 1961, avant de rejoindre les rangs de l’OAS et de tenter d’éliminer le général de Gaulle.

L’échec français en Algérie n’a pas découragé le général américain dans sa lecture de ce petit bouquin.

A dire vrai, son titre (on vous le traduit en français) avait tout pour le séduire :
"Théorie et pratique de la guerre contre une insurrection".

Et, à l’instar d’autres généraux US, David Petraeus en a conclu : la guerre américaine en Irak ressemble beaucoup à la guerre française en Algérie.

Moralité : il faut en tirer certains enseignements.

Voilà deux ans, des généraux américains s’étaient fait projeter, à Washington, le fameux film de Pontecorvo "La bataille d’Alger". Avec l’intention d’appliquer, à Bagdad, les méthodes brutales du général Massu.

C’est à croire que les faucons du Pentagone ont vraiment besoin de savoir comment perdre une guerre.

 Article de C.A, dans le Canard enchaîné du 09/05/2007

Transmis par Linsay

Messages

  • Cette stratégie d’isolement entre la RESISTANCE sa population mère a été effectivement appliquée en Algérie par l’armée coloniale dès la fin de la 1ère moitié de la longue lutte (nov. 1954 à mars-juin 1962) de libération nationale du peuple algérien, soit à partir de 1957. Elle fut marquée par une répression féroce à l’initiative des paras autant dans les villes (arrestations, tortures, exécutions extrajudiciaires) que dans les campagnes et les maquis, à l’intérieur du pays. A l’intérieur du pays, dans les zones reculées, les populations civiles ont été contraintes de quitter leurs campagnes, leurs montagnes, leurs habitations rurales et leurs moyens de subsistance tant agricoles que d’élevage.

    Afin de les couper du FLN et surtout de l’ALN (la branche armée engagée dans le maquis), les population civiles étaient contraintes d’abandonner leurs terres et leurs maisons dont beaucoup ont été incendiées pour obliger leurs occupants à partir... soit pour aller renforcer les "bidonvilles" autours des gros bourgs investis par l’armée française ou par la SAS à composante de harkis, (les recrues algériennes pro-coloniales) ! Si la première conquête de l’Algérie consistait de chasser les populations autochtones des plaines et des meilleures terres arables vers les montagnes et les zones les plus reculées du pays, la guerre coloniale contre l’indépendance algérienne a eu pour conséquence d’entamer... et voire d’achever le processus de migration et d’exode rurale par les incendies des champs, des maquis et des habitations et par le regroupement au loin et forcé des populations dans des zones sous le contrôle de la puissance coloniale. De ce fait, il n’y a pas eu de processus de zones libérées comme il y a eu ailleurs, comme pendant les Révolutions chinoise, vietnamienne, cambodgienne, etc.
    Cette stratégie se trouve également employée en Palestine (et en Irak) selon le même processus d’isolement et d’opposition entre une population et sa force de RESISTANCE... par le processus de « bantoustanisation », par une volonté de destruction criminelle de la société palestinienne, par une humiliation quotidienne des populations proches des "colonies juives" en Cisjordanie, par la construction du MUR d’un côté et par la destruction des maisons, des champs, des olivier, etc de l’autre non seulement dans le territoire de GAZA, mais aussi et surtout en Cisjordanie... à Naplouse, Jénine, Hébron, etc.

    "Les Faucons" israéliens furent sans doute les premiers à s’inspirer des méthodes de Salan-Bugeart" et de leurs « paras » pour expérimenter cette stratégie en Palestine, en Amérique Latine, en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid et aujourd’hui en Afghanistan, en Irak ... et dans les bagnes de Guantanamo dans sa forme tortionnaire et en matière de camp de "concentration" !

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