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La grève des cheminots est une action de salut public !
samedi 10 avril 2010
Une expression du collectif cheminots Rouges Vifs.
RAS LE BOL !
C’est le point de départ de la grève à la SNCF.
– Ras le bol du sabotage, par des restructurations incessantes, des efforts quotidiens des cheminots pour assurer, coûte que coûte, le service public ferroviaire.
– Ras le bol de fonctionner systématiquement en sous effectifs, d’être débricolés en permanence, de vivre une vie familiale instable, de ne plus avoir les congés souhaités. Ras le bol d’être payés une misère devant tant de sacrifices personnels alors que le coût de la vie est plus que jamais insupportable.
– Ras le bol d’être méprisés par des dirigeants qui considèrent les travailleurs, seuls créateurs de richesses, comme des coûts financiers qu’il faudrait réduire à l’infini pour être compétitif !
– Ras le bol mais aussi conscience que les réorganisations tous azimut de la SNCF préparent la vente à la découpe de l’outil national de transport ferroviaire qui appartient à la Nation, non à quelques technocrates aux ordres du MEDEF et d’un pouvoir discrédité.
L’exemple d’autres entreprises publiques, transformées en SA et privatisées, renforce le sentiment des cheminots en lutte qu’il ne faut pas attendre les annonces officielles pour résister.
En cela, cette grève rejoint de nombreuses luttes sociales touchant tous les domaines et qui aspirent à converger. L’abstention historique des milieux populaires aux dernières élections est un autre symptôme de cette révolte qui gronde.
LES MOTIVATIONS DE LA GREVE DES CHEMINOTS
LES SALAIRES : l’aumône de 0,9% lissée sur l’année ce qui revient à 0,6% au final alors que l’inflation est annoncée à 1,2% sonne comme une provocation alors que l’Etat, unique actionnaire, s’est servi au préalable pour rémunérer les principaux bénéficiaires du bouclier fiscal (130 millions). En annonçant dans les médias une hausse de 3,6%, la direction SNCF manipule les chiffres. C’est un objectif des grévistes que de rétablir la vérité et de gagner une augmentation répondant aux besoins.
LE BESOIN D’EMBAUCHES MASSIVES : Pour pallier aux dysfonctionnements quotidiens qui génèrent beaucoup plus de désagréments que la grève. Davantage d’agents pour conduire les trains, pour les accompagner, pour entretenir les matériels et les installations, pour accueillir et répondre aux besoins des usagers, etc..., telles sont les exigences des grévistes.
LA QUESTION ESSENTIELLE DU SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE
Les cheminots ne sont pas en grève pour des intérêts corporatistes. En se révoltant, ils mettent en lumière les convergences d’aspirations avec les usagers et plus largement avec tous les citoyens. Le service public est un bien commun et un droit fondamental.
Ses valeurs, fondées sur la notion d’égalité d’accès et de traitement, d’aménagement du territoire, ont montré dans l’histoire leur efficacité comme moteur de développement de la société, comme facteur de cohésion sociale, comme vecteur d’avancées technologiques et démocratiques permettant l’accès à tous. C’est en contradiction fondamentale avec les prétentions du Capital qui veut soumettre toutes les sphères de la société à la recherche effrénée du profit.
Le secteur public et nationalisé est un potentiel de résistance et en même temps la preuve vivante qu’un autre modèle économique est possible et plus efficace que le capitalisme. Cela lui est insupportable et explique son acharnement à détruire cet exemple.
L’INTEGRATION EUROPEENNE, OUTIL DU DEMANTELEMENT DE LA SNCF
La cohérence des réorganisations internes ne fait plus mystère d’autant que c’est au nom des traités européens, instaurant la « concurrence libre et non faussée », que celle-ci sont menées au pas de charge. « Nous sommes obligés de nous adapter et d’abandonner nos prérogatives pour accueillir d’autres entreprises ferroviaires » disent les dirigeants de la SNCF.
Pourtant, la majorité du peuple Français, et parmi eux les cheminots, a pourtant dit NON en 2005 à cette voie. Cette expression par référendum est, du point de vue de la Constitution de notre République, impérative par rapport à un mandat électif, fut-il présidentiel. L’élection de Nicolas Sarkozy ne pouvait rien y changer. Le traité simplifié, réactivant ce que usagers et salariés ont refusé, est illégitime. C’est un acte de forfaiture !
On peut donc parler de trahison de la volonté du peuple, ce qui est confirmé par les résultats deux dernières consultations populaires (dont les européennes) qui accordent moins de 12 % des inscrits à la majorité présidentielle. 88 % veulent une autre option.
Revendiquer la préservation de l’unicité de la SNCF implique d’aller jusqu’au bout de la logique et d’exiger une entreprise publique UNIQUE ayant le monopole du transport ferroviaire. Cela implique de nationaliser les entreprises de chemin de fer privées et les intégrer dans l’EPIC SNCF.
LA GREVE DES CHEMINOTS PEUT PARTICIPER À LA CONSTRUCTION D’UN VASTE MOUVEMENT POPULAIRE
La remise en cause annoncée des fondements du système de financement socialisé des retraites doit pousser le monde du travail à se préparer à l’affrontement. Le mouvement des cheminots va aider à l’élévation du niveau de conscience dans la profession.
Service Public nationalisé et Salaire Socialisé sont deux piliers indissociables de la société nouvelle que nous voulons construire, une société débarrassée du Capitalisme.
09 avril 2010
Rouges Vifs Ile de France est une association regroupant des communistes, des révolutionnaires, des militants syndicaux qui veulent participer à la renaissance d’un point de vue du monde du travail, rassemblés et s’exprimant en tant que tel. Ses adhérents se réunissent régulièrement, échangent et travaillent à faire reculer les ferments de la division politique des travailleurs, à contribuer à définir les contours d’une autre société où les créateurs de richesses seront souverains pour décider de leur répartition, une société où Peuple et producteurs se fusionnent et agissent dans le sens de leur intérêt commun, une société où les coopérations mutuellement avantageuses dans le monde deviennent la règle.
Pour nous contacter : contact@rougesvifs.org
Tous nos textes depuis 1999 sont sur notre site web :
http://www.rougesvifs.org
Rouge Midi
Messages
13 avril 2010, 14:01, par Michel Peyret
Michel Peyret
13 avril 2010
NATIONALISATIONS / ETATISATIONS
OU
APPROPRIATION SOCIALE / DEPERISSEMENT DE L’ETAT
Aujourd’hui, sous le capitalisme et sa gestion étatique, toutes les nationalisations ne sont, et ne peuvent être, que des étatisations. C’est peut-être une évidence, mais souvent les évidences sont tellement évidentes qu’elles se diluent dans le fleuve des réalités et perdent leurs spécificités.
D’où la nécessité de rappeler de temps à autres leurs identités particulières pour ne point les perdre de vue au risque de tout mélanger pour le plus grand dommage des luttes pour le changement de société qui exigent avant tout la clarté des objectifs.
En général, de qui est composé le Conseil d’administration des entreprises nationalisées ou publiques ? Qui désigne les membres de ces Conseils ou au moins la majorité de ces membres ?Et par qui est nommé le Président de ces Conseils, si ce n’est d’abord au plus haut niveau de l’Etat ?
Et par qui le président de la SNCF est-il rappelé à l’ordre quand il décide quelque jour de grève de fermer la Gare Saint-Lazare ?
S’il était nécessaire d’en rajouter, quel est celui d’entre-nous qui n’a pas un jour dénoncé « l’Etat-patron » comme le responsable de tous les maux ! L’Etat-patron n’exploite-t-il pas son personnel au même titre que les autres patrons, et d’ailleurs dans l’intérêt des autres patrons qui recourent aux services de ces personnels.
Dans le système capitaliste, le service dit « public » est avant tout au service du capitalisme !
C’est d’abord le cas lorsque le « service public » transporte les salariés des entreprises capitalistes, mais aussi celui des entreprise nationalisées/étatisées.
C’est aussi le cas lorsqu’il transporte les marchandises, également pour le compte des entreprises, pour l’essentiel capitalistes.
Si le « service public » était « un bien commun » comme il est dit, il serait géré en commun. A ma connaissance, cette question de « gestion en commun » n’est guère, sinon jamais abordée, personne au mois ne l’expose publiquement !
Et qu’est-ce que cette « société nouvelle, débarrassée du capitalisme », et qui n’est pas nommée ?
Craint-on, et pourquoi, de parler de « communisme », lequel est justement une gestion en commun, et pour faire du commun, à l’inverse de la gestion capitaliste qui permet de favoriser l’appropriation privée des richesses produites par le travail ?
Est-ce donc pour éviter de parler d’appropriation sociale, laquelle est bien évidemment très différente de la nationalisation-étatisation, justement parce que cette appropriation sociale permet, elle, la gestion en commun véritable.
Ou bien, est-ce encore pour éviter de parler de « dépérissement de l’Etat », autre concept fondamental du communisme selon Marx ?
Lequel « dépérissement de l’Etat » permet la gestion en commun de toute la société, l’auto-administration de toute la société !
Résumons :
Aujourd’hui, c’est l’étatisation et la gestion au service du capitalisme, avec des « élus du peuple » qui, gèrent au mieux les entreprises publiques pour le meilleur intérêt du capitalisme.
Et ce sont d’ailleurs les mêmes qui prennent les décisions de « privatisation », au niveau national comme au niveau européen lors de sommets, décisions bien partagées entre représentants des pays à gestion de « droite » et représentants des pays à gestion de « gauche ».
Le gouvernement de Lionel Jospin, Premier Ministre, qui « cohabitait » avec Le Président Chirac, a parfaitement tenu son rôle de privatisateur en chef en battant tous les records de privatisation, sans compter les décisions prises de privatisations à venir, telles celles relatives aux services publics !
Demain donc, et a contrario, on voit bien qu’il n’y a que le communisme qui pourra permettre au peuple de décider de l’appropriation sociale et du dépérissement de l’Etat permettant la seule et véritable auto-administration de la SNCF comme de l’ensemble de la société.
Aujourd’hui, pour préparer cet avenir, il convient de s’opposer avec toute la force du possible à la poursuite de la privatisation de la SNCF, laquelle est en effet bel et bien commencée avec la privatisation des LGV selon le système des PPP ( Partenariats Public-Privé ), système qui a été inauguré sous le gouvernement Jospin avec la privatisation de la ligne Perpignan-Figueras.
Le ministre des transports était alors qui vous savez, lequel avait déjà « à son compte » la privatisation des autoroutes !
Et il en est qui s’étonnent de la puissance des abstentions, tandis que d’autres ne veulent pas les voir !
Et pourtant, il faudra bien s’en convaincre totalement un jour, car on le sait au moins depuis Marx : ce sont les masses qui font l’histoire !