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L’hôpital qui se moque... de la justice...

ou comment l’hôpital de Périgueux empêche une ancienne salariée de percevoir son allocation chômage

mercredi 8 août 2007

Une internaute attentive nous transmet ce communiqué d’une association de chômeurs de Dordogne : illustrant !

« Lorsque Mlle Fanny D. vient nous voir à l’association [1], nous voyons une jeune dame en colère envers l’hôpital, son ancien employeur, et, plus particulièrement, envers le service administratif, le service de la paye et sa Directrice des Relations Humaines, Mme Pain.

Mlle Fanny D. a travaillé comme femme de Ménage à l’hôpital embauchée à l’aide d’un de ces fameux contrats aidés. Ici un Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi ou CAE. Un CAE est un contrat de droit privé ouvert à différents secteurs non marchands dont le secteur public comme un hôpital par exemple. Curiosité : bien que ce soit un contrat de droit privé les cotisations pour le droit au chômage ne peuvent être prises en charge par les Assedics (privé) mais par l’hôpital par le biais de l’ircantec (public).

Jusque là tout semble normal. Sauf que, sauf que Mlle Fanny D. estime, après une année passée à l’hôpital, que cette place ne lui convient pas par rapport à ses compétences et souhaite prendre une nouvelle direction dans sa recherche d’emploi et sa carrière professionnelle. Nous pourrions croire qu’un tel comportement est tout à fait légitime et que chacun, chacune d’entre nous a le droit de changer de direction dans sa carrière à un moment donné de sa vie professionnelle. Toutefois il semble que l’hôpital, son ancien employeur, ne l’entende pas de la sorte.

Un CAE est un contrat qui peut durer jusqu’à deux années. À chaque contrat est passé une convention entre l’ANPE et l’hôpital qui permet de fixer les modalités du CAE. Mll Fanny D, après avoir passé deux conventions de six mois effectuées jusqu’à leur terme reçoit une proposition de renouvellement pour une année entière. Or Mlle Fanny D. ne souhaite plus travailler avec l’hôpital de Périgueux.

Réaction de ce dernier et de sa DRH, Mme Pain, Mlle Fanny D est considérée comme démissionnaire !!! Aujourd’hui vous pouvez être considéré démissionnaire d’un contrat que vous n’avez jamais signé quand bien même votre précédent contrat est terminé ! Et, cerise sur le gâteau, l’hôpital réclamait le remboursement de la paie d’un salaire que Mlle Fanny D. n’a jamais reçu !

Il y a de quoi être en colère ! De plus, autre accroc, l’hôpital, via sa DRH, refusait de lui donner la fameuse feuille jaune employeur pour les Assedics afin de déterminer si Mlle Fanny D. avait travaillé plus longtemps dans le privé ou dans le public et, suivant le cas, qui des Assedic ou de l’Ircantec devait verser une indemnité chômage.

Après une première intervention de notre association, Mlle Fanny D. reçoit enfin cette fameuse feuille mais est toujours considérée comme démissionnaire. Nouvelle intervention de l’APCD, mais cette fois-ci, dans les locaux du service administratif de l’hôpital afin de faire corriger cette erreur d’appréciation qui ne repose sur rien de solide. Le service de la paye comme la DRH refusent de corriger cette erreur et maintiennent leur position. [2]

Cependant lorsque Mlle Fanny D. va aux Assedic faire une première demande d’indemnisation chômage, les Assedic considèrent qu’il s’agit bien d’une fin de contrat et non d’une démission. Mlle Fanny D, ayant travaillé plus longtemps dans le public que dans le privé, c’est bien à l’hôpital de prendre en charge son indemnisation chômage.

Retour à l’hôpital avec le justificatif Assedic mentionnant que c’est à l’hôpital de délivrer, à son tour, une attestation positive ou de refus de son indemnisation chômage.

À ce jour, le 06/08/07, elle n’a toujours rien reçu alors qu’il a fallu un entretien d’une dizaine de minutes avec l’Assedic pour savoir si elle pouvait percevoir ou non quelque chose de cet organisme. Depuis le 31 mai 2007, fin de son deuxième contrat, Mlle Fanny D. ne perçoit rien.

L’APCD est consternée par l’ampleur d’une telle incompétence qui va à l’encontre de toute éthique normalisée dans une relation humaine entre l’employeur et son employé. Il s’agit bien, ici, de faire comprendre à l’employé qu’il ne possède aucun droit et qu’il doit accepter ses actes. Tout est a été fait pour que soit engagée la responsabilité de Mlle Fanny D non pas celle de l’hôpital. Nous nous retrouvons dans ce nouveau schéma moderne de la relation employeur, employé qui tente par tous les moyens y compris les détournements interprétatifs à faire en sorte que seule la responsabilité de l’employé soit engagée.

Et pourquoi une telle rigidité de la part de l’employeur ? Parce qu’il est beaucoup plus facile d’écraser à la fois sous le poids des lois et des conventions une seule personne responsable de ses actes que de prendre en compte une responsabilité commune qui concerne et l’employé et l’employeur c’est-à -dire la collectivité ; parce qu’il est beaucoup plus facile de faire craquer psychologiquement une seule personne que de l’accompagner réellement dans sa carrière professionnelle. Parce qu’il est beaucoup plus facile de faire « au cas par cas » pour une institution que le contraire. Voilà à quoi sert cette direction prise par nos relations humaines : il ne doit plus y avoir de solidarité collective, de responsabilité commune mais seulement des cas uniques, responsables de leur comportement et de leurs actes. À bon entendeur... »

APCD Action des Précaires et Chômeurs de Dordogne http://www.perigord.tm.fr/apcd

C’est malheureusement du classique si la salariée est démissionnaire son chômage ne coûtera rien à l’hôpital et qui plus est elle n’apparaîtra même pas dans les statistiques. Il ne lui reste plus qu’à saisir la justice qui pourra faire comprendre à l’employeur la différence entre fin de contrat et démission...


[1ACPD Association des Chômeurs et Précaires de Dordogne

[2Et pourtant en droit du travail la démission ne se présume pas NDR

Messages

  • Bonjour,
    Est-ce que vous pouvez nous dire si Fanny D. a tenté d’en parler aux syndicats de l’hôpital en question ? Si oui quel en a été le résultat ? Sinon pourquoi ?
    Merci d’avance pour vos précisions, en attendant transmettez tout mon soutien et ma solidarité à Fanny
    MF

    • On ne peut répondre à vos forts opportunes questions dont nous vous remercions, puisque cet article nous a été transmis par une lectrice de Rouge Midi...mais peut être par le biais de ce forum... ou sur le site de l’ACPD à qui vous pouvez répercuter ces questions.

    • Bonjour,

      Comme je reçois la lettre info de votre bulletin. Merci d’avoir publier ce communiqué de presse par le biais de lucile, une amie précaire.

      Je vais vous expliquer là où on en est en ce moment.

       En ce qui concerne les syndicats de l’hôpital de périgueux, nous les avons contacté et ils se déclaraient relativement incompétents en ce qui concerne cette problématique (contrat de travail privé dans le secteur public) de plus ils nous tenaient le même discours que le fait d’être considéré comme démissionnaire pour cause de refus de renouvellement de contrat de la part de l’employé était normal...

      Seul l’inspection du travail en a conclu dans notre sens.

      Fanny vient de recevoir la réponse de l’hôpital :

      Il lui refuse l’indemnisation sous prétexte :

      "S’agissant maintenant du cas particulier où l’agent refuse le renouvellement de son contrat, le juge administratif a estimé que l’employeur public en auto-assurance peut légitimement refuser d’indemniser au titre du chômage à un ancien agent qui n’a pas accepté la proposition de renouvellement de son cdd".

      Ils s’appuient sur la circulaire degfp n°2007-18 du 15 mai 2007 - paragraphe 5.2

      Toutefois ce qui n’est pas précisé c’est la dernière phrase du paragraphe de la circulaire :

      "Toutefois, il a souhaité encadrer cette compétence de l’employeur et a ainsi considéré que lorsque le refus de l’agent est fondé sur une motif légitime, il s’agit d’une perte involontaire d’emploi. Il appartient en effet à l’employeur public d’examiner les motifs de ce refus préalablement à sa prise de décision d’attribution ou de rejet de l’allocation chômage."

      Donc il ne reste guère plus que le tribunal adminstratif et un bon avocat.

      APCD

    • Bonjour,

      Aprés reflexion il est sans doute possible de faire pression :

      1/ Voir si les conditions de renouvellement ont été respectées (cela ne semble pas être le cas) :

      *Conditions de renouvellement de la convention CAE :

      Avant le renouvellement, le salarié en CAE doit avoir bénéficié d’un entretien avec un conseiller ANPE afin de faire le point de sa situation au regard de l’emploi et au regard de la réalisation des actions inscrites à la convention.

      Le renouvellement n’est accordé que si l’employeur a bien rempli ses obligations et si le renouvellement est nécessaire pour finaliser le parcours d’insertion du bénéficiaire.

      Lorsque l’ANPE a l’intention de dénoncer pour non respect, par l’employeur, des engagements prévus par la convention, elle doit en informer l’employeur. Ce dernier dispose d’un délai de 7 jours pour faire connaître ses observations. A l’issue de ce
      délai, et si elle souhaite maintenir sa décision, l’ANPE notifie àˆ l’employeur sa décision de dénonciation et l’informe par avis recommandé des conséquences.

      2/ Ensuite, un CAE ne peut pas être employé pour un emploi permanent dans l’entreprise.
      Or, qu’y a-t-il de plus permanent qu’un emploi de femme de ménage ?...

      Qu’en pensez-vous ?

      Salut et bonne journée

  • Un grand merci à Monique d’AC ! pour les tuyaux sur ce sujet et pour son dévouement désintéressé depuis plusieurs années. Voir ici http://www.ac.eu.org/spip.php?article1737

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