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Va-t-on continuer à se laisser piler ? Ou alors quoi ?
mardi 23 novembre 2010
Aujourd’hui, si l’on souhaite que sa situation personnelle s’améliore, quelles questions convient-il de se poser ?
Outre le fait que l’on peut vite constater que l’on n’est pas seul à se questionner ainsi, on en vient vite à considérer qu’il est nécessaire avant tout de déterminer quelle est l’alternative principale à laquelle on est confronté.
Evidemment, à chaque instant, il est une multitude d’alternatives qui se présentent à nous et qui, chacune, impliquent des choix.
Mais l’on conviendra qu’elles n’ont pas toutes les mêmes conséquences sur la vie de chacun. Aller à la pêche, ou bien alors à la chasse, quel que soit le choix qui est fait, notre vie ne va pas changer fondamentalement.
CHANGER DE PRESIDENT POUR CHANGER SA VIE ?
Remplacer Nicolas Sarkozy par DSK est-il susceptible d’avoir une influence différente ou supérieure ?
Si l’on se réfère aux changements de présidents que l’on a connus depuis 1981 par exemple, il m’apparaît percevoir plutôt que les évolutions se sont davantage situées dans la continuité des politiques conduites, et plutôt dans leur aggravation au fil des changements.
Mitterrand, avant 1981, avait promis/juré la rupture avec le capitalisme, mais il a rapidement plutôt initié la stratégie, la pédagogie du renoncement, avant de se reconvertir totalement à une franche financiarisation et à une réelle mondialisation du capitalisme qui ont conduit à l’accélération et à l’approfondissement actuels de sa crise, non sans que la cohabitation Chirac/Jospin/Buffet n’y ait ensuite sérieusement contribué avec, et entre autres, le sommet européen de Barcelone et les dispositions anti-populaires en différents domaines qui y furent prises, ou encore le record absolu de privatisations qui fut pulvérisé par ce gouvernement.
DES PRESIDENTS ET GOUVERNEMENTS SANCTIONNES
Le tout aboutissait à ce précédent historique consistant en ce que le responsable fascisant et raciste de l’extrème-droite talonne, au premier tour des présidentielles, le représentant de la droite dite « classique », lequel devenait ainsi au second tour l’homme d’union pour lequel il fallait obligatoirement voter pour empêcher Le Pen de l’emporter au second tour.
La sanction qui frappait ainsi Lionel Jospin et la « gauche plurielle » - Jospin ne s’en est d’ailleurs jamais relevé ni d’ailleurs le parti socialiste qui, depuis, piétine dans les basses eaux électorales à l’occasion de consultations de ce niveau.
LES VAGUES D’AFFAIBLISSEMENT DU PCF
La sanction ne fut pas moins sévère pour le PCF de Robert Hue.
On était déjà à cette occasion dans les plus mauvais résultats électoraux de l’existence du PCF, et les observateurs politiques avertis considéraient que la coupure entre ce parti et l’essentiel de son électorat populaire pouvait être durable.
Elle succédait en effet à deux vagues d’affaiblissement du PCF : celle de 1981 qui voyait le PCF être dépassé électoralement, pour la première fois depuis la Libération, par le parti socialiste de Mitterrand ; et celle consécutive aux premières participations communistes aux gouvernements « d’Union de la gauche » qui succédèrent à l’élection de François Mitterrand de 1981 et à son renouvellement de 1988.
Aussi, dès cette époque, c’est-à -dire avant même les changements conséquents qui allaient intervenir en Europe de l’Est à partir de 1989, l’influence du PCF était déjà réduite aux environs de 10% alors qu’elle avait plafonné à 27% à la Libération.
L’ERRANCE STRATEGIQUE
Il y avait là , sans doute aucun, le résultat de ce que j’ai appelé « l’errance stratégique » du PCF, lequel avait accepté toutes les conséquences, furent-elles tout aussi funestes pour lui que celle du retour de De Gaulle au pouvoir en 1958, ou de la sanction qu’il connut déjà après le mouvement populaire de 1968, qu’avaient entraîné les traités mettant fin à la seconde guerre mondiale et procédant au « partage de l’Europe ».
Cette « errance » conduisit, avec Waldeck Rochet, à la stratégie dite du « programme commun », à la signature de ce programme le 27 juin 1972 avec le Parti socialiste.
L’ECHEC DU PROGRAMME COMMUN
Ce programme fut alors massivement diffusé par les militants communistes, à la mesure de ce qui apparaissait alors comme leur victoire, cependant que l’expérience conduisit a contrario à redorer les couleurs social-démocrates du PS, Mitterrand pouvant se flatter dès août 1972, devant le Congrès de Vienne de l’Internationale socialiste, d’avoir signé ce programme dans le seul but qu’il affichait alors : réduire massivement l’influence du PCF.
Pour sa part, Georges Marchais, alors secrétaire général adjoint du PCF, dans la préface à la publication du programme qu’il signait, écrivait : « Le 27 juin, un événement considérable – et sans précédent dans l’histoire du mouvement ouvrier et démocratique de notre pays depuis un demi-siècle – survenait dans la vie politique française : le Parti communiste français et le Parti socialiste adoptaient un programme commun de gouvernement. »
LE CHANGEMENT RESTE A L’ORDRE DU JOUR
Et, contrairement aux propos de Vienne de Mitterrand, il continuait en affirmant ; « Ce programme offre la perspective claire et cohérente d’un changement profond, correspondant aux intérêts et aux aspirations des travailleurs, des démocrates, de l’ensemble du peuple français.
« Cette question du changement est à l’ordre du jour de la vie de la nation. Des millions et des millions d’hommes et de femmes disent aujourd’hui : « Cela ne peut plus durer ainsi. »
« Les cause du mécontentement sont simples : le régime ne cesse d’aggraver les difficultés d’existence de toutes les couches de la population laborieuse, et en premier de la classe ouvrière. Aussi, chacun s’interroge maintenant avec inquiétude, voire avec anxiété sur sa situation, sur l’avenir. L’instabilité, l’insécurité dominent... »
Plus avant, Georges Marchais affirmait : « En fin de compte, plus les années passent, plus ces rebouteux enfoncent la société dans l’impasse...
« Or, ce qui est la caractéristique de la situation actuelle, c’est précisément que tous ces moyens mis en oeuvre par le grand capital pour résoudre ses contradictions perdent, à notre époque, de plus en plus de leur efficacité. Ils sont devenus eux-mêmes la source de contradictions nouvelles et aiguës...
A L’ORIGINE DE LA CRISE
« Telle est l’origine réelle de la crise que connait aujourd’hui notre pays », poursuivait Georges Marchais, « Il s’agit de la crise d’un système, d’un type d’organisation de l’économie et de la société, c’est-à -dire la crise du capitalisme monopoliste d’Etat... »
Le verdict était exact !
C’était il y a quelques quatre décennies !
Quelque quatre décennies d’errance, comme je l’ai montré plus haut.
Pour ma part, à l’époque, après les déclarations de Mitterrand à Vienne, je suis indigné et, je m’en suis jamais caché, et même si j’ai pu être incompris à l’époque, j’ai décidé de ne plus jamais voter socialiste, non seulement au premier tour, ce qui en général allait de soi puisqu’il y avait en général un candidat communiste, mais également au second tour et lors des élections municipales.
Mais, on le comprend bien, cette réaction individuelle, et même si elle était également celle des militants communistes dont j’étais le plus proche, ne pouvait être suffisante pour mettre fin à l’errance stratégique.
QUATRE DECENNIES PLUS TARD, ENCORE REBELOTE
Mais quatre décennies plus tard, quand j’entends dire « rebelote » sous des formes quelque peu identiques... !
D’autant que, si nous ne sommes plus en 1972, si l’errance a fait ses preuves – les preuves de sa nocivité absolue – an fil du temps, nous sommes passés à d’autres étapes...
Le mouvement populaire lui, dans sa majorité, est sorti de l’errance.
Il est en recherche d’une stratégie de rechange.
J’ai plusieurs fois retracé les étapes de son cheminement.
Dès 1992, avec le référendum sur le Traité de Maastricht, il s’est pour l’essentiel émancipé de la « pédagogie du renoncement » distillée par Mitterrand et le PS pour justifier leur abandon du programme commun et des projets de rupture avec le capitalisme...
1995..., 1997 et la « gauche plurielle », la sanction de 2002... et 2005 !
2005, LE MOUVEMENT POPULAIRE A GAGNE !
2005, au référendum sur le TCE, le mouvement populaire a gagné.
Non seulement le TCE est refusé, mais également l’ensemble des traités constitutifs de la dite Union européenne qu’il reprend sont également retoqués !
Dès lors, l’Union européenne n’a plus d’existence légale puisqu’il suffit qu’un seul pays manque à l’appel pour que cela soit le cas.
Et jamais, jamais depuis 2005, le peuple français n’est revenu sur sa décision !
On ne le lui a jamais demandé d’ailleurs !
C’est pourquoi les démarches entreprises pour faire adopter le Traité de Lisbonne sans nouvelle consultation électorale constituent un « coup d’Etat » comme le montre la constitutionnaliste Anne-Marie Le Pourhiet : ce que le peuple a fait ou décidé, il n’y a que le peuple qui peut le défaire, et il ne l’a pas fait.
LE COUP D’ETAT CAUTIONNE !
Mais l’essentiel des forces politiques a cautionné le coup d’Etat !
Non seulement aucune d’entre-elles ne l’a dénoncé comme tel, mais toutes ont accompagné leurs députés à Versailles, accompagnant du coup le coup d’Etat, la trahison...
Ainsi, la collaboration de classe a franchi une nouvelle étape. Non seulement la quasi-totalité des forces politiques va au gouvernement pour gérer l’Etat capitaliste et ses institutions mais, avec le viol des résultats du référendum de 2005, on s’assoit délibérément sur le vote souverain du peuple, on commet le crime, on décrète que ce vote est nul et non advenu, et aucune des principales forces politiques, aucune, même avec retard, ne dénonce le coup d’Etat, la trahison !
Le corps de Victor Hugo doit faire trembler tout l’édifice qui l’accueille !
LA TRAHISON DES TRAHISONS
Cette trahison va se poursuivre à l’occasion des présidentielles de 2007. Tout le monde a gardé en mémoire comment les uns et les autres, les unes et les autres, parmi les responsables des forces politiques vont alors tout mettre en oeuvre pour que le rassemblement majoritaire réalisé autour du NON en 2005 ne puisse se concrétiser à l’occasion de cette élection et permette l’élection d’un, ou d’une, président(e) issu du mouvement populaire.
C’est la trahison des trahisons !
Et ceux qui la conduisent sont justement sanctionnés, personne ne s’y est trompé !
Mais il faut le dire, et le dire avec force, ce sont les traitres qui ont gagné...au moins provisoirement, au moins en apparence !
LA SUITE DE L’HISTOIRE N’EST PAS ECRITE
Au moins en apparence, parce que la suite de l’histoire n’est pas écrite, même si nombre d’entre ces responsables politiques ont repris leur partition et joué le même air à l’occasion du dernier mouvement sur les retraites.
Parce qu’il n’empêche... plus guère personne n’est dupe.
En 2009, 60% des inscrits sur les listes électorales ont boycotté les élections au Parlement européen dans le prolongement de leur vote déjà majoritaire de 2005.
Début 2010, 54% des inscrits boycottent les élections régionales.
C’est la confirmation d’un rejet majoritaire d’un régime, d’un système et de leurs institutions !
Puis, et encore, début 2010, une enquête de la Sofres montre que 72% des salariés considèrent le capitalisme comme négatif.
Et, à l’automne, 71% des Français demandent le retrait pur et simple du projet Sarkozy relatif aux retraites.
Ces larges majorités inédites sont d’un haut niveau de conscience.
LE CAPITALISME A FAIT SON TEMPS
Avec ces larges majorités de rassemblement, nous ne sommes plus dans les logiques faussées des prétendus affrontements « gauche/droite », « droite » et « gauche » se retrouvant pour gérer soit ensemble, soit séparément l’Etat capitaliste.
Aujourd’hui la conscience est là qu’il ne suffirait en rien de remplacer un « bon » gestionnaire du capitalisme par un autre « bon » gestionnaire de ce même capitalisme.
Aujourd’hui, la conscience a grandi, est devenue majoritaire, de ce que ce capitalisme, au demeurant en crise, a fait son temps, qu’il faut changer de société, et qu’enfin il convient pour ce faire de s’organiser sur les lieux de travail, les quartiers, les villages.
Rouge Midi
Messages
24 novembre 2010, 11:32, par Gérard
Il faut une nouvelle révolution française et européenne pour le socialisme éco-socialiste
Gérard
24 novembre 2010, 21:46, par Michel Peyret
Merci de voir dans ma "Tribune" les textes relatifs à André GORZ et à l’écosocialisme.
S’agissant de l’Europe, merci de considérer mon texte et ce qu’il dit à propos du TCE : en refusant ce dernier, le peuple français a retoqué l’ensemble des traités européens, et l’Union européenne n’a plus d’existence légale. Mettez le nom "Anne-Marie Le Pourhiet" dans votre moteur de recherche et vous allez trouver les raisons pour lesquelles elle parle de "coup d’Etat".
Je suis pour ma part pour des coopérations les plus larges avec les peuples de tous les pays, avec un monnaie commune mondiale et les monnaies nationales, et donc en l’occurence avec le retour au franc demandé aussi par la majorité des Français.
Il est donc indispensable d’animer des luttes pour faire respecter les décisions majoritaires du peuple français.
Il faut, encore et toujours plus, de la démocratie !
24 novembre 2010, 13:09, par buenavista
Je suis assez d’accord avec l’ensemble du texte. J’y apporterai cependant deux observations.
La première, je ne comprend pas l’association Chirac/Jospin/Buffet au sujet du sommet de Barcelone. Marie Georges Buffet était ministre des Sports et je ne vois pas son implication dans les mesures néfastes issues de ce sommet !
La seconde, je ne vois en conclusion aucune proposition d’action pouvant faire évoluer les choses !
Cordialement
24 novembre 2010, 21:28, par Michel Peyret
Merci pour ces appréciations intéressantes, j’apporte donc les précisions suivantes...
En bonne règle générale, tous les membres d’un gouvernement sont solidaires d’un programme de gouvernement défini, en principe, par le premier ministre en début d’exercice, ce programme faisant l’objet de négociations préalables.
Etre membre du gouvernement, ce n’est donc pas seulement s’occuper de son ministère, c’est mener avec l’ensemble du gouvernement une politique pour la France. Participer à un gouvernement, c’est être d’accord avec l’ensemble de la politique définie et exposée dans ses grandes lignes par le premier ministre devant les Assemblées.
Ce sont donc tous les membres du gouvernements qui sont co-responsables, par exemple de ce qui a été accepté à Barcelone. En conséquence, je n’aurais certainement pas dû limiter mon énumération à ces trois personnes, j’aurais pu, toujours par exemple, y ajouter Gayssot et les autres à la "queue leu-leu"...
L’essentiel était bien la participation de ministres communistes à ce gouvernement, il faut replacer la phrase dans le contexte, les quatre décennies d’errance stratégique du PCF si l’on prend comme point de départ la signature du programme commun. Durant cette période, des ministres communistes participent à plusieurs gouvernements, ils participent à la gestion de l’Etat capitaliste, c’est le sommet de la collaboration de classe.
S’agissant de la co-responsabilité gouvernementale, Chenènement avait été clair en son temps : quand un ministre n’est pas d’accord ( avec la politique menée par le gouvernement, ou par tel ou tel aspect de cette politique ), soit il ferme sa gu..., soit il démissionne. Et, pour sa part, il avait mis ses actes en accord avec ses paroles.
Par ailleurs, MGB, ministre des sports, avait pour sa part, deux grands problèmes à résoudre : l’argent et la drogue. On sait comme ces problèmes ont trouvé alors des solutions durables.
Quant aux propositions que l’article aurait pu formuler, plusieurs de articles de ma "Tribune" en traitent, je vous invite à vous y référer.
Je résume beucoup : pour sortir du capitalisme, il convient, à mon avis, d’engager un processus pour réaliser l’appropriation sociale et l’abolition du travail salarié, et engager également le dépérissement de l’Etat...
A ma connaissance, Marx n’a en guère dit davantage, mais il avance une idée essentielle, peut-être la plus importante de son oeuvre : ce sont les masses qui font l’histoire, je traduis aujourd’hui par les peuples.
Je n’ai pas pour ma part à me substituer au peuple et je considère comme essentiel qu’il puisse définir des formes d’organisations et de décisions, telles qu’elles ont pu exister à différentes époques de notre histoire, par exemple et entre autres les conseils ouvriers. Et l’essentiel est que le peuple ait le ou les pouvoirs effectifs de le faire. C’est je crois la phrase de conclusion de mon texte, et merci de se rapporter à ceux de mes textes qui développent ces idées.
26 novembre 2010, 15:26
Deux faiblesses de cet historique par ailleurs fort bien argumenter
1er : L’exemple des Etats Unis patrie du capitalisme et soi disant "maison mere de la democratie electorale que l’on connait en France ..donc ce pays ou, depuis sa creation, plus de 2/3 des electeurs en age de voter ne vote plus ..cela ne gene NI LE CAPITALISME - ni les MULTINATIONALES ..bien au contraire ...ils en redemandent ...
2ieme : L’ennemi principal est il le PCF ? et la solution de tous nos maux ....sa disparition ? ..l’exemple de l’Italie avec le PCI premier parti communiste d’apres guerre disparu depuis et OU la gauche reelle s’entre- dechire a qui mieux mieux .....sans que cela gene Fiat et consor et sa marionette Berlusconi !!!!!ainsi que la Banque Vaticane ......
Donc repondons clairement a ces deux prealables avant de s’embaler !!!
27 novembre 2010, 23:23, par Michel Peyret
SVP, ne comparons que ce qui est comparable.
SVP, faisons l’analyse concrète des situations concrètes.
La France n’est pas les Etats-Unis, la France capitaliste n’est pas non plus les Etats-Unis capitalistes.
Dans chacun de ces deux pays, et sans parler d’autres d’ailleurs, les élections ont des existences et des histoires concrètes différentes.
Les abstentions massives, même si le pourcentage d’abstentions peut varier selon les périodes historiques et selon la nature des élections, n’ont jamais été en France la caractéristique principale des élections, contrairement à d’autres pays, notamment mais aussi entre autres les Etats-Unis.
En France, les élections sont un élément constitutif de la culture politique, elles font l’objet d’un attachement profond, elles sont considérées comme un acquis des luttes, et également comme un devoir civique enseigné dès l’école primaire.
C’est pourquoi, lorsque l’on passe d’un faible, quoique variable, pourcentage d’abstentions, à un pourcentage majoritaire, c’est que quelque chose de profond, touchant à la politique et au politique est entrain de se passer. Et même quelque chose qui dépasse le , ou la, politique. C’est à mon avis, je le constate plus que je ne le pense, l’expression d’une crise profonde qui concerne tous les aspects de la vie de la société, y compris donc la vie politique.
Je ne vois personne en mesure de nier la crise économique et les manifestations de celle-ci, jusqu’à et y compris dans les suicides au travail. C’est quelque chose de trop profond concernant la détresse humaine dans la société capitaliste, et certainement l’absence de toute perspective de changement de la société.
Cela étant, cette réaction n’est pas celle de la majorité du peuple français, mon article montre, après d’autres de ma « Tribune », le cheminement du peuple français dans la recherche d’une solution à ses problèmes.
Mon constat est celui d’une évolution positive, non sans tâtonnements et expériences nécessaires.
En tout cas, les luttes sont là, elles prennent différentes formes, économiques, sociales, politiques...Il y a les formes anciennes et les formes nouvelles, l’imagination est aussi dans les luttes, et les luttes du 21ème siècle ne sont pas , et ne seront pas nécessairement celles du 20ème, je pense à la Résistance par exemple...
A la nouveauté de la crise politique peut correspondre la nouveauté de nouvelles formes de lutte politique. Quand le suffrage universel et la démocratie sont violés, pourquoi ne pas exprimer par le boycott, qui n’est plus l’abstention, ce refus du viol et du coup d’Etat, ces atteintes fortes à la démocratie, en fait sa négation..
Ce boycott exprime à mon avis un refus profond de ces atteintes, en même temps que la poursuite de la recherche des voies pour changer la société.
Et quand il s’agit de changer la société, l’ennemi principal est effectivement pour moi le capitalisme. C’est tout à fait impensable que ce puisse être autre chose pour celui qui lit cet article et les autres articles de ma « Tribune », voir ci-dessous.
Et il est également indispensable de réfléchir aux faits, je dis bien aux faits, qui ont conduit des millions d’électeurs communistes, et des centaines de milliers d’adhérents à s’éloigner de façon ou d ’autre du PCF.
Je répète, il y a des faits. Et il s’agit en conséquence d’en connaître les causes parce que la France et le peuple français ont besoin d’un parti communiste, en tout cas d’une organisation communiste qui se fera l’expression concrète de ses aspirations au changement de société.
Voir encore ci-dessous, dans ma « Tribune » l’article que je consacre, c’est le deuxième, aux Assises du communisme.
Etes-vous signataire de cet Appel ?
Si ce n’est pas le cas, qu’attendez-vous ?
Michel Peyret
27 novembre 2010, 18:40
Merci pour cet éclairage complet de la situation dans laquelle se trouve confronté notre peuple. Un éclairage historique auquel j’adhère totalement. J’avais, encore ce matin, une légère désespérance pensant que le peuple allait une fois de plus bouder les urnes ou, respectant un engagement citoyen, voter socialiste. Mais peu à peu j’ai respiré en rencontrant des gens exaspérés qui lisaient le message des cocos dans un tract fort bien tourné sur Fillon et Sarko. Villeurbanne ne se laisse pas endormir.
J’aurais bien voulu écrire ce texte.
Cordialement
Charles Roche
28 novembre 2010, 18:24
Bonjour !
Ma réponse sera brève, car elle ne peut être que brève, du fait qu’elle réside dans le peuple, et pas dans un seul individu, ou un seul groupe organisé.
Cet article est un constat clair, net, lucide, précis, avec des faits et des dates de rappels. En particulier pour la France. C’est un constat, selon moi, très utile pour l’Histoire...ou comme prologue à une étude de solutions qui pour l’instant, restent à trouver dans le peuple organisé volontairement (à l’appel de qui..? Sur la base de quoi ...?) “sur les lieux de travail, dans les quartiers, les villages...”Du local au global et du global au local...par la mise au clair, en évidence et la reconnaissance/signature de dénominateurs communs, en tenant compte de l’urgence de la mise en œuvre d’une vision écologique inter espèces végétales/animales/humaine du monde...
Je n’ai rien de plus à dire, sauf attirer l’attention qu’il ne faut pas confondre programme électoral et projet de société, union pour gagner telle ou telle élection et unité organique pour changer le monde, lutte des classes locales et/ou plus générales et changer la vie par l’édification d’un monde nouveau. Les unes et les autres étant indispensables et se conditionnant mutuellement. Ceci dit très vite et très succinctement, en soulignant l’existence des immenses difficultés consécutives aux multiples intérêts partisans, esprits de chapelles, égoïsmes de situations, ignorances historico/sociétales, différences de cultures, de générations, géographiques, etc...etc...
Fraternité de combat.
R.F.
28 novembre 2010, 22:33, par Michel Peyret
Michel Peyret à RF
28 novembre 2010
« Nous sommes le peuple », écrivions-nous, Jean-François et moi, il y a quelques mois, en appelant les salariés-citoyens à s’organiser en « Comités de l’espoir et du changement » dans les lieux de travail, les quartiers et les villages, voir ci-dessous dans la liste des articles celui qui correspond.
Mais qu’est-ce que ce peuvent bien être ces comités ? Quelle peut bien être cette nouvelle création-invention ? Ou bien, si ce n’en est pas une, d’où sort-elle ?
D’abord, un constat, les partis n’ont pas toujours existé, ils sont apparus avec le capitalisme et, même avec le capitalisme, ils ne naissent qu’à un certain niveau de son développement.
Nés avec le capitalisme, ils ont grandi, gagné en maturité et aujourd’hui, sans crainte de se tromper, on peut considérer qu’ils sont en crise dans une société et un système eux-mêmes en crise. Et comme en ce monde rien n’est éternel, sans doute disparaitront-ils avec le système par lequel et dans lequel ils sont nés, à moins qu’ils ne trouvent une nouvelle vocation.
Marx et Engels annoncent d’ailleurs à leur façon cette disparition qui ne doit pas être la seule. Le dépérissement de l’Etat qu’ils préconisent, c’est également la fin de la politique, un processus bien évidemment, qui accompagne la disparition des classes et donc la fin également de la lutte des classes.
Mais il faudra bien que la nouvelle société s’organise, de façon ou d’autre, qu’elle se donne en conséquence des modes, des modalités d’organisation.
Lors de la précédente révolution, celle de 1789, le peuple s’est effectivement organisé, ne serait-ce que pour discuter et disputer des « Cahiers de doléances » au travers desquels se dessinera cette forme d’organisation fédérale qui trouvera son expression lors de la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790, où les « députés » des 83 départements, au nombre de 60000, se retrouvèrent sur le Champ de Mars...
Et il n’y avait toujours pas de parti !
En fait, c’est avec Marx et l’AIT, l’Association Internationale des Travailleurs, ou Première Internationale, que se constituèrent en organisation différentes formes d’association de secours, de défense et de lutte des travailleurs, du prolétariat d’alors, de la « classe salariée » dont parle Marx...
Et c’est plus tard, avec la Commune, que se dessineront les « conseils ouvriers », lesquels seront plus tard les « Soviets » de la révolution russe de 1905, puis de la seconde de 1917, avant de devenir des formes d’organisation et d’assemblées dans nombre de pays à la fin de la première guerre mondiale.
Aussi, quand, avec Jean-François, nous parlons de « comités de l’espoir et du changement », c’est que nous percevons aujourd’hui, dans le mouvement populaire à son niveau de développement, de maturité, à nouveau un fort besoin d’organisation, besoin auquel ne répondent pas, ou pas suffisamment, pour des raisons diverses, partis et syndicats, plutôt intégrés au système, alors qu’il convient d’en finir avec lui.
Que seront aujourd’hui ces comités ? Ce sera à ceux qui les rejoindront, ils devront être ouverts à tous indépendamment des opinions politiques, de définir leur rôle, les décisions qu’ils devront prendre, les relations qu’ils devront établir avec d’autres institutions, double pouvoir ou non... leurs coordinations à différents niveaux de la société...
Je perçois cependant dans le propos de R.F., que j’apprécie, et il nous faut continuer le débat, une tentation de prédéterminer ce que pourront être l’action et les décisions de ces comités, qui seront le peuple par lui-même organisé, le peuple à qui il sera autorisé pour la première fois à être véritablement souverain, à être « le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
En conséquence, je considère qu’il ne pourra être en aucune façon de mon ressort de décider à la place du peuple ce que devra être un programme électoral et un projet de société, ou qui déciderait du calendrier du processus dans lequel il sera engagé, ou encore de ce que devront être les objectifs prioritaires ou ceux qui le seront moins ou pas.
Par contre, cela impliquera aussi que le débat sera organisé dans toute la société, sur tous les sujets qui se présenteront, que la vie et les besoins de la société mettront à l’ordre du jour.
Peut-être y aura-t-il là la possibilité d’une seconde vie pour les partis ou autres organisations qui trouveront dans l’animation du débat les raisons de leur existence nouvelle.
2 décembre 2010, 21:05
Oui effectivement, s’organiser à la base c’est-à-dire restaurer la Démo-Cratie. C’est ce qui hante les agents de service des capitalistes, c’est pourquoi avec l’aide de leurs services de propagande, les médias, la main dans la main ils s’emploient à inventer et entretenir toute une foule de moyens de diversion. Tout est bon, conditions météo, départs en vacances, début du ramadan..etc. . À cela s’ajoute la culture de l’égoïsme improprement qualifié d’individualisme, qui constitue une arme redoutable contre l’unité du peuple.Toute la classe politique est discréditée, seule la révolution peut nous sortir de là !!!
M.R.