Vœux 2016 des Rouges Vifs 13 : Un très grand cru !

mercredi 3 février 2016
par  la_peniche
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Chaque année c’est la même chose : le local est trop petit pour accueillir tout le monde et on ne commence jamais à l’heure. Depuis 18 heures en ce vendredi 29 janvier l’entrée du local de la rue Saint André était noire de monde. Plus que jamais ? En tous une des années où l’affluence a été la plus nombreuse. Inutile d’expliquer de quoi ce petit monde discutait – état d’urgence, déchéance de nationalité, l’austérité et l’UE, la lutte dans les boites ... C’est la France de toutes les couleurs qui était là.

Les « vedettes » politiques de la soirée se faisaient désirer, occupées qu’elles étaient par une rencontre importante avec des salariés d’entreprises de la chimie, de l’énergie et de l’enceinte portuaire. Le fait même que cette rencontre sur le thème de luttes et perspectives politiques se tienne dans la salle historique des dockers de Marseille est en soi tout un symbole. Pour la première fois y était présenté le rôle futur de l’Association des Communistes de France en présence de Charles Hoareau et du secrétaire fédéral du PCF du Pas de Calais.
Un communiste fermement attaché à ses valeurs ce Hervé Poly. L’intense discussion qui a prévalu lors de cette rencontre, explique le retard et la foule amassée devant notre porte. Mais l’attente était bon enfant, tellement la joie de se retrouver après une année de lutte était forte. Chacun faisait part de son expérience, bonne ou mauvaise, mais porteuse de leçons. Pendant ce temps, Boualem, Habiba, Lila et Triona s’affairaient en cuisine pour assurer la suite des festivités.

Ils étaient venus, ils étaient tous là, syndicalistes attachés à la lutte : celles et ceux du port, du commerce, du nettoyage, de l’Énergie, de la Chimie, des territoriaux, de la métallurgie, du comité chômeurs, sans oublier les Sodexo qui venaient de remporter une grande victoire, montrant ainsi que la lutte paye. Nous n’oublieront pas de citer, ceux qui, en déplacement à Montpellier, on fait le détour pour être présent, les Scop Ti (ex Fralib).
Le NPA, la JC, ELGAA [1] étaient représentés et les militants de « Marseille Résistance » s’étaient déplacés en grand nombre (Zoubida nous offrant même de succulents sablés). Plusieurs associations de quartier étaient également présentes…

Après une introduction de Samia Ouertani et la lecture d’un message de soutien de Georges Ibrahim Abdallah [2], c’est Charles Hoareau qui prit le premier la parole. Voulant sans doute rattraper le retard, il fut concis et annonça tous les rendez-vous de la semaine et des mois suivants qui attendent l’ensemble des camarades : les manifs contre l’État d’Urgence, pour défendre les Goodyear, les atteintes syndicales de plus en plus violentes et surtout l’organisation nationale mise en place pour soutenir Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux prisonnier de France et un des plus vieux du monde. « J’en ai assez que l’on ne puisse plus distinguer qui est de gauche de qui est de droite. Moi je dis maintenant que je suis communiste, au moins c’est clair. C’est un terme que nous assumons comme les erreurs passées que nous avons faites ou subies et qui ont entaché l’idéal que ce terme représente. L’avenir n’est pas au capitalisme, à l’enrichissement de quelques-uns au détriment de toutes et tous, au pillage des pays du sud qui conduit à l’impérialisme et au retour des guerres coloniales, mais à la mise en commun des richesses et à leur gestion collective »
Puis il lança un appel à l’adhésion, aussi bien localement à Rouge Vif, que nationalement à l’ANC. Et l’appel fut entendu ! Pour conclure, il déclara « Avez-vous remarqué que dans ce début d’année nombre de gens se souhaitent leurs vœux en disant espérer que l’année 2016 soit mieux que 2015 ? Dans une période où l’espoir est réduit, où les forces politiques progressistes paraissent en lambeaux, dispersées et alors que l’offensive du camp réactionnaire semble chaque jour plus pesante, certains nous disent qu’il faut avoir du courage pour vouloir reconstruire une force de progrès, résolument opposée au capitalisme et déterminée à le vaincre. Sans doute alors souhaitons-nous en ce début d’année tous nos vœux de santé et de courage pour les combats qui nous attendent. »

Puis Hervé Poly intervint. Ce fut un moment très fort. Car, si les Rouges Vifs, par respect de l’organisation se sont toujours interdit de se mêler de la discussion interne sur la politique actuelle du PCF, sans parler « des grenouillages électoraux », le secrétaire fédéral du PCF du Pas de Calais n’y est pas allé de main morte.
« ... Novembre 2015, deuxième vague d’attentats contre la population à Paris. L’État d’urgence est voté pour 3 mois. Nos députés (Communistes) le votent, certains sénateurs s’abstiennent.
Décembre 2015, les élections régionales confirment le délitement du Front de gauche. Avec des listes à géométrie variable, nous n’avons plus d’élus dans 5 régions sur 13 et en perdons dans les 6 autres. Dans deux régions, faute d’atteindre les 10 %, la capitulation du PS devant la droite nous contraint au retrait.
Tenté par une primaire hypothétique pour trouver un éphémère candidat « vraiment à gauche », le PCF semble obéir à une bien curieuse maxime : on ne change pas une stratégie qui perd.
Nous pensons que le premier obstacle à l’existence d’une gauche de transformation sociale tient à l’affaiblissement du PCF et à son renoncement à porter le communisme.
Combien faut-il d’échecs pour que la stratégie du PCF fasse l’objet d’un examen sans tabou au Congrès ? Qu’avons nous fait de la décision des communistes de poursuivre le PCF en 2007 ? »

Puis d’ajouter, rejoignant en cela Emir Sader le sociologue brésilien dont Rouge Midi s’est fait l’écho,
« Nous devons analyser le tournant historique de 1983. Depuis cette date, la gauche n’a plus été au pouvoir. En 1997/2002 la gauche plurielle est devenue la gauche plus rien » et de souligner les questions liées à l’UE,« son carcan dont il faut se débarrasser », les illusions portées par le concept « d’Europe sociale » et la nécessité de lutter contre la perte de souveraineté du peuple de France. Il terminera son intervention en expliquant que l’ANC présente, pour lui, toutes les conditions pour « un réarmement idéologique de la classe ouvrière ».

L’apéritif dinatoire fut ensuite animé par les chansons d’Isabelle Desméro accompagnée de son orgue de barbarie. Mais elle avait bien du mal à se faire écouter, tellement les discussions allaient bon train. Néanmoins un îlot grandissant de « fans » s’était resserré autour d’elle et des perles sorties de son répertoire…en carton qu’elle égrenait avec sa voix de soprano si prenante ! Et la fin de soirée fut douce et fraternelle.
« Une belle soirée communiste » comme dira l’un d’entre nous.
Bonne année à toutes et tous.

La_péniche pour Rouge Vif 13


[1Enfin La Gauche A Allauch

[2Le président d’honneur de Rouge Vif 13



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