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Ines, Stalin, des immigrés qui ont du mal à se faire soigner.

dimanche 17 septembre 2006

Des centaines de travailleurs immigrés ont été embauchés pour nettoyer les décombres du World Trade Center, et bon nombre ont aujourd’hui de sérieux problèmes de santé et les plus grandes difficultés pour se faire soigner.

Plusieurs dizaines d’entres-eux ont manifesté, le 6 septembre, à Ground Zero.

- "En cinq ans, nous n’avons pas vu 1 dollar", explique Ines Belaez, 62 ans, qui après le 11 septembre a travaillé plusieurs semaines à remettre en état des bureaux non loin du World Center et souffre aujourd’hui de bronchite chronique.

"Les lois votées en août par l’Etat de New York s’appliquent aussi, bien sûr, aux Latinos et autres immigrants ayant travaillé dans la zone sinistrée", explique Oscar Paredes, directeur de l’association Latin American Workers Project (Projet des travailleurs latino-américains) de Brooklyn.
"Mais pour être soignés et indemnisés, ils doivent prouver qu’ils ont bien travaillé autour de Ground Zero au lendemain des attaques.

- Or la plupart d’entre eux étaient engagés à la journée et n’ont aucun moyen de le prouver", ajoute-t-il.

Selon M. Paredes, depuis le 11 septembre 2001, près de 2 600 personnes sont venues lui demander de l’aide.

- La plupart ont été payées au salaire minimum de 7,50 dollars de l’heure pour nettoyer les immeubles contaminés non loin des ruines du World Trade Center.

- Elles n’ont pas été informées par leurs employeurs et par la Ville des dangers qu’elles couraient.

"Presque tous les jours nous venons au secours de Latinos qui sont tombés malades après avoir travaillé au World Trade Center et dans ses environs", affirme Joel Magallan, responsable de l’association Tepeyac de Manhattan.

"TOUJOURS FATIGUES".

Il donne en exemple un immigrant équatorien légal, Stalin Barcco, 43 ans, qui a travaillé pendant deux mois à Ground Zero pour nettoyer les débris, notamment d’amiante.

Dès octobre 2003, il a commencé à éprouver des difficultés respiratoires.

Il a un fils de 23 ans dans la marine américaine et une fille de 19 ans à l’université, et se plaint de ne plus être capable de les aider.

M. Barcco explique "ne plus pouvoir travailler, être toujours fatigué" et avoir, d’après les médecins, "les poumons d’un homme de 70 ans".

Il a demandé une pension, mais n’a pas obtenu de réponse positive pendant deux ans.
Il espère que les nouvelles lois adoptées par l’Etat de New York lui seront favorables.

Dans son malheur, M. Barcoo a encore une chance, il peut faire valoir des droits.

Les immigrés clandestins qui, par centaines, auraient travaillé à Ground Zero, n’ont aucun moyen d’obtenir de l’aide.

Article du "Le Monde" transmis par Linsay