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Génocide des tutsis au Rwanda : la France accusée.

mercredi 1er novembre 2006
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Rwanda : ouverture à Kigali d’auditions publiques sur le rôle de Paris avant, pendant et après les tueries de 1994.

En ouvrant, mardi 24 octobre, une série d’auditions publiques, à Kigali, sur le rôle des responsables civils et militaires français au pays des Milles collines avant, pendant et après le génocide de 1994, la commission d’enquête rwandaise réactive les accusations croisées entre les capitales française et rwandaise.

Comptant parmi ses sept membres un historien, un juriste mais aussi, de façon plus surprenante, un ancien brigadier général de la rebellion hutue, désormais rallié à Kigali, alors même que les membres de son groupe étaient précédemment qualifiés de "génocidaires", par les autorités rwandaises actuelles, la commission devrait rendre ses conclusions en avril.

Elles pourraient être terribles.

La commission pourrait être amenée à interroger des responsables politiques et militaires français, selon Kigali, mais à Paris, le ministère des affaires étrangères indique n’avoir, pour l’instant, pas été saisi d’une telle demande.

Au cours des auditions qui devraient durer jusqu’au 31 octobre, 25 personnes seront entendues, et leurs témoignages diffusés à la radio.

"Nous allons convoquer notamment d’anciens miliciens auxquels les Français ont appris à tuer et ont ordonné de le faire, ainsi que des rescapées qui accusent des soldats français de viol", a déjà prévenu Jean-Paul Kimonyo, l’un des membres de la commission.

La commission pourrait décider de déposer des plaintes devant la Cour internationale de justice (CIJ).

RÔLE COMPLEXE.

Le rôle de la France, impliquée au côté du régime extrémiste hutu qui allait nourrir le projet génocidaire (environ 800 000 morts en cent jours, en très grande majorité tutsis), est de nature complexe.

Paris a fait la guerre au Rwanda auprès de ce régime, et entretenu depuis une indulgence persistante à l’égard de certains de ses responsables en exil sur son sol.

Accuser des responsables politiques et militaires français d’avoir littéralement participé à la planification du génocide relève toutefois une autre vision.

Les accusations de Kigali à ce sujet se sont multipliées depuis qu’une procédure judiciaire française vise des responsables rwandais actuels dans le cadre de l’enquête de Jean-Louis Bruguière sur l’attentat contre l’avion du président hutu, Juvénal Habyarimana, le soir du 6 avril 1994, événement qui donna le signal du déclenchement des massacres.

Les conclusions du juge antiterroriste, révélées par Le Monde, en mars 2004, mettent en cause les dirigeants rwandais d’aujourd’hui, à commencer par le président Paul Kagamé, chef, en 1994, de la rebellion tutsie. Elles pourraient éventuellement se traduire un jour par l’émission de mandats d’arrêts internationaux.

Cette menace , qui plane sur les relations franco-rwandaises depuis deux ans, sans qu’il soit possible de déterminer si l’enquête du juge Bruguière parviendra un jour à ce résultat, sont à la base des tensions judiciaires entre Paris et Kigali.

Mardi, la première audition, celle de l’ancien ambassadeur rwandais en France - après le génocide -, Jacques Bihozagara, a rappelé que le combat judiciaire était loin d’être terminé.

"Les Français ont envoyé des soldats, des armes, formé des tueurs et érigé des barrages pour rendre plus facile aux meurtriers leur mission d’extermination des Tutsis", a-t-il affirmé au cours de son audition.

Source Le Monde.

Transmis par Linsay.

Pour en savoir plus sur le « rôle complexe » de la France dans cette affaire on lira avec intérêt les articles consacrés à ce sujet sur le site de Survie et entre autres le rapport de la Commission d’Enquête Citoyenne


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