Les élections professionnelles à la CPAM des...

mardi 13 novembre 2018
par  Rouge Midi
popularité : 3%

Les élections professionnelles à la CPAM des BDR sont relativement passées inaperçues pour les publics non syndicalistes pourtant elles constituent un événement de taille dans cet établissement de plusieurs centaines de salarié-e-s : un « plafond de verre » pour reprendre l’expression d’une élue CGT a été crevé. Nous avons donc interrogé Jean Marie ANGELI et Emmanuelle ESPAZE à ce sujet. En effet dans ce fief historique de FO la CGT a obtenu des résultats remarquables résumés dans le tableau ci-dessous et qui montrent que dans le collège employé elle réussit à avoir le même nombre d’élus...

TABLEAU des résultats en pourcentage et en élus

Pouvez-vous nous décrire la situation qui régnait à la CPAM 13 depuis des décennies et le rôle de l’organisation syndicale prépondérante ?

La situation dans notre organisme est à l’image de ce département, le clientélisme règne en maître et la gestion de Force ouvrière du comité d’entreprise va entièrement dans ce sens, avec en façade un syndicat qui ce dit combatif et derrière un syndicat dévouait corps et âme à l’entretien de son réseau et à l’application d’une politique d’accompagnement et réformiste qui ferait passer la CFDT pour des syndicalistes. Force ouvrière a toujours ignorer le rôle économique du comité d’entreprise pour se consacrer uniquement au volet social, la lutte est le dernier de leur souci, a l’image des appels à la grève ou même sur des appels nationaux, le Force ouvrière local ignorait totalement le message en prétextant que cela « couterait trop cher aux salariés », tu l’as compris les revendication et la lutte n’était et n’est toujours représentée que par la CGT.

C’est dans ce contexte que vous avez mené campagne ces derniers mois mais pas seulement. Peut-on dire qu’elle a été la concrétisation d’années de travail syndical ?

En effet, tu as raison la campagne que nous venons de mener est le résultat d’abord d’un travail collectif avec des camarades engagés et le fruit d’année de présence sur le terrain ou les salariés ont pu observer que malgré les promesses du syndicat majoritaire, seul la CGT était présente auprès des salariés que ce soit pour porter leurs revendications, des informations ou pour des mouvements de grève. Tu sais que quand les seules bases de ton syndicat c’est le clientélisme, tu ne fédères pas et tes syndiqués ne sont que des « payeurs de cotisations » sans aucuns fonds. J’ai toujours l’image des manifestations dans le département ou FO sur le papier tient le conseil départemental, la région, la mairie et au final ils sont un centaine dans la rue (et ce n’est pas les chiffres de la police) ! Pour revenir sur nos élections je pense que le travail de terrain est primordial et les patrons et les directions l’ont bien compris car au travers de la fusion des instances c’est la proximité entre les salariés et le syndicat qui est en jeu.

Quels ont été les grands axes de la campagne ? Quel a été votre stratégie et les moyens que vous avez employé ?

Concernant les axes de notre campagne, nous nous sommes focalisés sur la solidarité, la transparence et l’expérience de nos élus. Dans cette optique, notre stratégie a été de ne pas aller à la confrontation avec FO et donc de ne parler que de notre programme. L’important pour nous était de ne pas perdre de temps en conflit et en discussion improductive qui n’aurait rien apporté à l’argumentaire sur nos propositions. A travers nos élus et nos militants sur chaque site et en utilisant tous les réseaux de communication (tract, journal local, article sur intranet et prise de parole) nous avons voulu mettre en avant les propositions CGT qui pour nous sont plus importantes que les rivalités syndicales.

Depuis ce résultat avez-vous senti un changement ? Par exemple comment a été vécu la journée du 9 octobre ?

Depuis ses élections et du fait des résultats en chute pour FO je t’avoue que je suis très content pour les salariés car lors de nos visites, d’eux mêmes ils viennent nous féliciter et nous apporter des messages de soutien, je dirai même mieux s’afficher avec la CGT n’est plus un tabou, la reconnaissance des urnes nous a permis d’accentuer notre légitimité auprès des salariés employés et cadres confondus, le revers de la médaille c’est que les relations avec la direction se sont encore plus tendus et la loi travail leurs permets de nous attaquer plus insinueusement en nous fragilisant au travers des moyens de fonctionnement des instances et des moyens alloués pour le syndicat. Mais j’ai envie de te dire que la CGT n’est pas la pour être le « collaborateur et l’ami » de nos directions. Nous sommes la pour défendre et représenter le personnel et former les salariés sur les valeurs de la CGT. Autre effet des élections mais qui n’est que la confirmation d’un phénomène que l’on observe depuis quelques temps, à l’appel uniquement de la CGT nous arrivons à mobiliser plus de salariés que FO qui reste l’organisation majoritaire, c’est dire que le discours CGT passe dans la tête des salariés. On a pu le voir avec la mobilisation du 9 octobre ou un employé sur deux était en grève ce jour là. Certes nous rencontrons toujours des difficultés pour faire venir à la manifestations les grévistes mais malheureusement je pense que c’est un mal qui toujours beaucoup d’organisations. Malgré cela, on continue le travail de communication et d’explication et on lâche rien.

A Carrefour où la CGT s’est opposée bien seule au plan de sabordage de l’emploi, les résultats des élections vont dans le même sens avec des progrès historiques de la CGT magasin par magasin : diriez-vous que la CGT a le vent en poupe ?

L’exemple que tu me cites sur Carrefour est symptomatique des entreprises en luttes, quand tout va bien les syndicats clientélistes et réformiste ont le vent en poupe, mais quand les salariés sont en difficultés c’est vers la CGT qu’ils se retournent. J’aimerais que les citoyens se réapproprient l’outil syndical et comprennent l’importance d’un syndicalisme de lutte et de transformation comme une évidence dans une société ou « l’humain d’abord » n’est plus une priorité mais une problématique et une variable d’ajustement pour le patronat. Alors pour répondre à ta question, je dirai que la CGT n’a jamais été autant attaquer de toute part mais que ce n’est pas la popularité qui fait la force de la CGT mais ces syndiqués et à travers cela l’ensemble de la population attaqué et en difficulté. Il faut redonner un sens aux mots : syndicat de lutte, rapport de force. Malheureusement le temps n’est plus aux discussion mais aux luttes et seul la CGT sera portée cela ce discours, sans oubliez qu’un syndicat, sans syndiqué, sans les femmes et les hommes qui le composent, n’est qu’un sigle, c’est à nous tous que reprendre les rennes de notre avenir, afin de redonner de l’espoir à l’ensemble de notre pays.



Commentaires

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vendredi 16 novembre 2018 à 18h12 - par  Richard PALAO

j aime beaucoup : « le temps n est plus a la discussion mais aux luttes ... »

raison pour laquelle je n ai pas apprécié le communiqué de la confederation a propos de. la journée du 17 novembre ou la CGT critique la récupération par l extreme droite ...Ok , puis mets en avant les revendications salariales ...encore ok , mais lorsqu elle conclue par un appel aux négociations avec le pouvoir et le patronat sans dire un mot sur les luttes pour construire un rapport de force pour faire aboutir ces négociations ...cela me fait hurler !!,
comme disait H. KRAZUKI : ON NE NEGOCIE PAS LA REGRESSION SOCIALE
RICHARD PALAO

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vendredi 16 novembre 2018 à 17h58 - par  Richard PALAO

un grand bravo aux camarades. de la CPAM

RICHARD PALAO
cadre retraite de la carsat 45
Responsable CGT UFROS 45

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