Sécurité sociale et santé : À Marseille, la grande marchandisation a commencé.

mercredi 6 mai 2015
par  ANC 13 - Rouge Vif
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Ce gouvernement (comme les précédents) n’a de cesse d’attaquer une institution dont le grand patronat n’a jamais accepté l’existence. Tour à tour, la maladie, la vieillesse, les accidents de travail, la famille, toutes les branches sont attaquées avec un seul but : faire éclater le système de protection sociale gagné en 1945 sous le CNR.

Aujourd’hui l’exemple de la CPAM des Bouches du Rhône qui, comme la CAF, connait une volonté de suppression des accueils du public avec toutes les conséquences que cela a pour la population...

Notre gouvernement socialiste liquide la sécurité sociale et sacrifie la santé des citoyens pauvres sur l’autel des intérêts des cliniques et des assurances privées. Bientôt, si nous les laissons faire, après l’eau, ils nous vendront de l’air pour respirer. Si la santé n’a pas de prix, elle a un coût et ce coût devient de plus en plus difficile à surmonter pour les plus vulnérables d’entre nous. Les quartiers pauvres deviennent ainsi de véritables déserts médicaux.

« Si t’as pas d’argent tu ne te soignes pas ! » Voilà vers quoi nous entraine cette politique dite « d’austérité » imposée par la banque européenne et le FMI. « Faire toujours plus avec moins ! » voilà l’impossible défi lancé aux services publics de notre pays.
Ces suppressions d’emplois imposées par l’Union Européenne au nom de la « sacro-sainte » politique d’austérité et acceptée par Hollande et Valls, entrainent la sécurité sociale des Bouches du Rhône dans une baisse dramatique de ses capacités professionnelles et sociales au service du public.

Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage !

Autrefois, dans les accueils de la Sécurité Sociale, le personnel qui recevait les assurés pouvait donner les renseignements nécessaires car il avait accès directement aux dossiers. Aujourd’hui c’est impossible. Il existe une coupure informatique entre l’accueil et la gestion des dossiers. Devant l’impossibilité d’obtenir une réponse correcte, l’assuré (e) comme l’agent de l’accueil sont stressés et parfois les choses peuvent dégénérer.

En fait tout est organisé pour éloigner l’assuré de sa Sécurité Sociale, en misant tout sur l’informatique et l’accès à distance via Internet. La gestion désincarnée, puisque « automatique », n’autorisant plus l’assuré en difficulté à régler son problème grâce aux conseils d’un employé professionnel. En brisant ainsi la proximité de l’assuré d’avec son « dossier », c’est le cœur même du métier des agents de la sécurité sociale, donc du Service Public qui est mis en péril. Cela permet au gouvernement de dire « vous voyez cela ne marche pas ! »

Et ce sont les plus défavorisés qui en souffrent le plus. En effet, pour ceux qui ont un travail et une mutuelle, l’efficacité des prestations sociales est transparente. Mais pour les chômeurs, les précaires et les déshérités c’est une autre histoire. Il faut « aller à la sécu » et là les difficultés commencent.

Quelques exemples :

  • - La plate forme téléphonique reçoit 8000 appels par jour et seulement 80 salariés pour essayer de répondre : combien de secondes par appel ?
  • - Actuellement la sécurité sociale régularise les remboursement de septembre 2014 : déjà plus de six mois de retard !
  • - L’agence de la Canebière accueille 1600 assurés par jour avec 12 salariés pour les recevoir : combien de minutes par assuré pour ne pas pouvoir lui répondre ?
  • - L’agence de Saint-Louis accueille 1000 assurés par jour pour 12 salariés : idem ...
  • - Avant 2011, notre département disposait de 52 points d’accueil, fin 2014 il n’en restait plus que 37 et fin 2017 ils ne seront plus que 27 : la sécu loin des yeux, loin des gens.
  • - Sans compter les permanences aléatoires, le plus souvent ouvertes aux heures impraticables pour les assurés et qui disparaissent petit à petit...

Cette disparition progressive de la présence de la Sécurité Sociale sur le terrain, due aux suppressions d’emplois, s’accompagne de la vente des locaux ainsi désertés. En 2011 la CPAM des Bouches du Rhône disposait d’un patrimoine de 105 800 m2 de bureaux, en 2014 cela représente 73 200 m2 et il n’en restera que 66 500 en 2017.

Ainsi une ville comme Tarascon ne disposera plus de centre d’accueil ; les assurés devront se rendre à Arles. Ne survivront par ci, par là, ce que l’on appelle des « permanences » dont on sait que malgré leur nom, elles ne sont ouvertes que de temps en temps (lorsque le personnel est suffisant) et surtout à des horaires imbéciles qui ne correspondent pas aux besoins des assurés. Les retards de traitement des dossiers n’ont pas fini d’augmenter.

C’est du vol pur et simple.


N’oublions jamais que les bâtiments de la Sécurité Sociale ainsi vendus, ont été achetés par la Sécurité Sociale grâce à nos cotisations. Donc ils nous appartiennent !

Oui mais voilà, la moitié des produits de ces ventes [1] est directement rendue à l’État, alors que, rappelons le, l’État ne met pas un sou dans la Sécurité Sociale.

La santé n’est pas une marchandise !

Devant les attaques contre la Sécurité Sociale et l’hôpital public, le gouvernement bafoue l’article 21 de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 juin 1793 : « Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler. »

Aujourd’hui 27% de la population française renonce à se soigner après une consultation médicale. L’État se désengage de son devoir d’assistance.

Le défi de la couverture maladie universelle (CMU) résonne dramatiquement. En France, les réformes engagées ces dernières années dans le domaine de l’assurance maladie (franchise médicale, déremboursements de certains médicaments, offensive contre l’aide médicale d’État -AME- qui devient désormais payante) ne font qu’accroître les difficultés financières auxquelles se heurtent les personnes défavorisées pour se faire soigner.

Mais obtenir la CMU devient souvent un véritable parcours du combattant et devant l’accumulation des difficultés, combien abandonnent ?

Mais ne nous y trompons pas, il y aura toujours une médecine pour les riches. Si les hôpitaux publics sont au régime sec (hôpital Sainte Marguerite et hôpital Nord à Marseille), il n’en est pas de même des cliniques privées et leurs dépassements d’honoraires qui fleurissent dans les quartiers riches.

Ainsi apparaît de plus en plus une médecine de riches et une médecine de pauvres.

Il n’y a pas de trou de la sécu !

  • - Pourquoi plus de 30 milliards d’€ de cotisations sociales (faisant pourtant partie de nos salaires) ne sont pas reversés par les patrons. Alors que 12,5 milliards d’€ suffiraient à combler le soi-disant déficit de la Sécurité Sociale.
  • - Ajouter à cela 20 à 25 milliards de fraude (travail au noir, heures sup non déclarées, oublis de déclaration de cotisation de certains patrons, etc...) Additionnez y les 20 milliards de taxes et d’impôts non reversés par le gouvernement et provenant de la vente du tabac et de l’alcool (grands pourvoyeurs de maladies chroniques mortelles)...
  • C’est donc près de 60 milliards d’€ qui pourraient être utilisés pour faire tourner la sécurité Sociale comme un véritable service public de proximité.

Que font nos élus ?

Nous venons de voir que ce n’est pas une question d’argent, alors qu’est-ce qui les empêche de faire de la Santé pour tous un choix de société ? Pour défendre les intérêts du grand patronat français en Afrique et au Moyen-Orient et alimenter ses guerres impérialistes Hollande vient de débloquer 3,8 milliards d’€ de crédits supplémentaires et bien entendu ces crédits seront financés par des économies dans les autres ministères.

Alors que l’armée se propose d’embrigader 10 000 soldats, provoquant du même coup la perte équivalente d’emplois dans la fonction publique (donc la sécu), l’État « socialiste » choisit d’utiliser le bouc émissaire du « terrorisme » (largement alimenté par ces guerres justement) au lieu de répondre aux besoins élémentaire des français les plus démunis.

C’est un choix de société : « plutôt l’argent que les hommes et la vie ! ».

Les partis dits de gouvernement sont assis à la droite du peuple.
Dans nos quartiers, nous devons faire pression sur nos maires, nos conseillers départementaux et régionaux et sur nos députés pour les obliger à prendre en compte les besoins réels des populations qu’ils sont censés représenter.

Pour lutter contre cette politique cruelle et tyrannique, il nous appartient donc de reconstruire une organisation populaire et démocratique partout où nous sommes, dans les quartiers comme dans les usines, les universités et les lycées. Reconquérir nos services publics et défendre la santé pour tous devient un minimum aussi vital que défendre l’emploi. Pour cela il faut nous rassembler et lutter pied à pied tous ensemble.

Rouge Vif 13 avec JMA.


Merci à Jean Marie Angéli, syndicaliste CGT à la CPAM des Bouches du Rhône pour les éléments qu’il nous a donnés et qui nous ont permis de faire cet article


[1le plus souvent à perte à des coquins-copains promoteurs et spéculateurs



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