J’ai fait « un carton » sur les réseaux !

mercredi 14 janvier 2015
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Voici un article de notre ami et camarade Jean Ortiz. Loin des idées toutes faites que l’on a enduré ces derniers jours, il réaffirme haut et fort que l’on peut ne pas défiler avec les dictateurs et dans le même temps revendiquer une véritable liberté d’expression et de l’information. Car nos médias propriété des marchands de canons et des constructeurs de béton mentent effrontément, car ils sont aux ordres ! Durant la dernière guerre on entendait « Radio-Paris ment, Radio-Paris est ... allemand ! », aujourd’hui on peut affirmer que « l’information est propagandiste, l’information est capitaliste ! »

Il paraît me dit-on, que mon cri du cœur « Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux », publié par le site « Le grand soir » (ils y croient encore les coquins !) et sur mon blog Humanité.fr a « fait un carton » sur les sites, les lieux noirs et les diables blonds, les blocs, les blogs, les réseaux sociaux, les fesses de bouc ; dans les stations de ski, les prisons, les banlieues, les universités, les pôles emploi, les salons de massage...

Il m’a fait remonter de vingt points dans les sondages. En plus, il était paraît-il « critique » par rapport à « la ligne » (Albert Londres ne connaissait que celle du chemin de fer), et « pas Charlie » du tout. Faux !

Mais tout bon pour que la téloche « cherche à me joindre », tout bon pour les grands médias des bétonneurs et des marchands de canons ; ceux qui, en lobotomisant les audimatistes, en désinformant, en étouffant la pensée et la parole critiques, la liberté d’expression, contribuent eux aussi à fabriquer des monstres au quotient intellectuel d’huitre manipulée.

Alors qu’ils ne comptent pas sur moi ces fossoyeurs du pluralisme de l’information, ces promoteurs de l’obscurantisme, pour cracher sur les miens. « Ce vin est parfois aigre, mais c’est le nôtre », disait José Marti, le père de l’indépendance cubaine.

Mon positionnement souvent décalé, et qui me vaut quelques désaffinités solides, est à l’image de ce que sont les communistes : pluriels, multicolores, divers, et d’été, différents... Mais d’accord sur l’essentiel : le capitalisme détruit l’homme et la nature ; il n’est pas amendable et seul son dépassement, le combat pour une société de tous, avec tous, pour tous, que j’appelle socialisme (éco-socialisme), et qui n’a jamais vraiment existé, peut apporter une réponse ré-humanisatrice.

Je hais la téloche privée (parfois tout autant la « publique »), coupable d’abrutissement et de manipulation des esprits, je hais les séances télévisées de pornographie « politique », de promotion du Front national, d’appel sournois à la haine de l’étranger (le monde est plein d’étrangers !!), qui désigne l’ennemi : l’Arabe, le musulman, des cibles, des qualificatifs aux bons vieux relents de colonialisme.

Voilà pourquoi.


Je suis fils d’immigré espagnol, de combattant antifasciste, de guerrillero, de « rouge » vif. Jean et Tarnais, j’ai été -jadis- journaliste au journal du Tarnais universel Jean Jaurès, « L’Humanité » ; « L’HUMANITE », l’indispensable « Huma », de Wolinsky, de Charb..., du monde du travail, de la culture, j’y collabore encore, en toute liberté à travers ce blog, et pendant 35 ans j’ai exercé l’un des plus beaux métiers : enseignant, dans le secondaire, puis Maître de Conférences à l’Université de Pau.

J’ai adhéré il y a longtemps au parti des miens, petits paysans manchegos, qui ont payé un lourd tribut au franquisme (religieux). L’Église espagnole a dès le départ apporté sa bénédiction aux « fachas » et à l’écrasement des Républicains. Elle s’oppose encore aujourd’hui au travail de mémoire, au devoir de vérité, de justice, de réparation. Alors le fascisme, dans ma famille, pas besoin de dessin, on connaît...

J’essaie d’être communiste, donc critique, depuis des lunes, et je ne le regrette toujours pas. L’idéal vers lequel nous tendons est plus beau que les quelques scories qui parfois te font douter, aimait à répéter mon père.

Au fil du blanchissement de mes cheveux broussaille, je me suis guévarisé, libertarisé, mélenchonisé, chavisé, rabiisé... et « converti », urba et baba, en une espèce d’électron libre coco. Marxien rococo, qui croit en des petits matins ré-enchanteurs, en la « libération d’espaces », en la construction d’alternatives, en bas, j’insiste, en bas... qui croit que la révolution tu la fais, tu la portes dans ta façon éthique d’être, de travailler, de vivre, de lutter.

Jean Ortiz

« Les monstres » sont produits par notre société monstrueuse de relégation, d’exclusion, de compétition, d’insolidarité, de violence sociale et interhumaine, d’aliénation, de marchandisation de tout, d’idéal en cale sèche. Les monstres sont aussi le produit des interventions impérialistes des gouvernements français, de leur soutien au massacre des Palestiniens ; chaque bombe de Netanyahou qui tombe sur Gaza, qui tue des enfants palestiniens, engendre de nouveaux « monstres », ici et ailleurs.

Voilà pourquoi j’ai écrit spontanément, épidermiquement, ce texte « Je ne veux pas partager mon deuil et ma douleur avec eux » en pleine tempête ; et en pleine entreprise de récupération politicienne, dégoûtante, de la légitime, digne, fraternelle et généreuse émotion populaire.

Je n’ai jamais appelé à ne pas manifester, j’ai moi-même marché deux fois à Pau, avec les miens... mais j’ai appelé à éviter les « infréquentables ».

Ce sont les nôtres que l’on a assassiné. Alors unité : oui, mais pas avec les Janus, les Tartuffe, les bâtisseurs de ruines.

Jamais « l’union sacrée » n’a servi l’intérêt des peuples.

Jean Ortiz

Transmis par la_peniche



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