Capitalisme et écologie

mardi 6 août 2019
par  Iann Menay
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Le débat sur le capitalisme et l’écologie s’est tenu au cours de la deuxième journée des Estivales de l’ANC 2019, qui se sont déroulées à Saint-Amand-Roche-Savine, fief communiste du PCF Auvergnat et village de référence du député communiste André Chassaigne.

Fort de sa richesse à la fois scientifique et politique, ce débat a connu un franc succès en terme de participations. La présentation du Trio (Bruno Drweski, Guillaume Swing et Pierre Lenormand) a été brillamment complétée, analysée et même développée concernant certains points spécifiques par les participant-e-s.

Conscient que le capitalisme ne sait produire qu’en épuisant l’homme et la nature comme le disait déjà Marx en 1848, nous savons qu’il nuit gravement à l’agriculture, le foisonnement des idées a fait émerger et mettre sous la lumière le système d’agroécologie adopté par plusieurs pays dont Cuba. Ce système privilégie l’utilisation des ressources de la nature pour se développer et garantir une agriculture durable.

Le modèle agricole au sein du monde capitaliste, dégrade l’environnement et la biodiversité, déséquilibre l’ensemble de l’écosystème et met en danger la santé humaine.

Le constat est édifiant et les scientifiques ont à plusieurs reprises tiré la sonnette d’alarme en signalant les dangers encourus et certains ont même démontré les limites économiques de cette agriculture dirigée par ce modèle productiviste.

La biodiversité offerte par l’agroécologie sera une alternative efficiente à la production agricole. Elle permettra un développement harmonieux des abeilles, de certaines espèces animales et des populations d’insectes qui connaissent un déclin aigu ces dernières années.

L’hyper-spécialisation des scientifiques demeure un frein à la démonstration pragmatique de l’incompatibilité entre la production agricole et le productivisme et ainsi empêche la proposition d’autres méthodes à l’instar de l’agroécologie.

Historiquement, les scientifiques ont souvent maîtrisé différents domaines comme la médecine, la philosophie ou les mathématiques, simultanément, ce qui leur facilitait le fait d’avoir une visibilité globale, claire et pertinente sur le sujet.

Actuellement, la spécialisation commence extrêmement tôt et démarre dès le scolaire, afin d’atteindre des spécialisations pointues limitant indéniablement une vision générale sur l’ensemble du sujet et bloquant ainsi l’action en faveur de la biodiversité.

L’accord économique et commercial global « CETA » est un traité de libre-échange signé entre le Canada et l’Union Européenne.

Alors que près de 72 associations et organisations, dont Green Peace, ont appelé les députés à travers la signature d’une lettre commune, à ne pas voter pour ce traité qui promet de réels risques écologiques et sanitaires, le traité a été approuvé par les députés français mardi 23 juillet.

Le cas des farines animales relayé par les médias de masse est un exemple parmi tant d’autres et est loin d’être un cas isolé. La législation européenne interdit l’importation des bœufs canadiens nourris de viande et d’os, néanmoins il n’existe aucune mention concernant les farines transformées composées souvent d’un mélange de poils, de sang ou de gras.

Les exemples sont multiples et témoignent qu’avec cet accord de libre-échange « CETA », nous nous dirigeons vers un affaiblissement des normes, une alimentation moins saine et une baisse du pouvoir de l’état concernant l’établissement des lois.

Les exportations et les importations contribueront à l’augmentation de l’empreinte carbone ainsi qu’à la destruction de la production locale et à la suppression des circuits courts.

GAEC FALVARD, un cas pertinent et concret de résistance transgénérationnelle ?

A Villemorie en Auvergne, Philippe Falvard, paysan depuis plusieurs générations et porte parole régional de la confédération paysanne, est fier d’être paysan et insiste sur la distinction entre ce dernier qui vit de son travail agricole et l’agriculteur qui a pour objectif de générer des profits de l’exploitation agricole.

Philippe a toujours milité à la confédération paysanne surtout durant l’an 2000 dans la lutte contre la malbouffe et plus exactement contre la chaîne de restauration américaine Mc Donald’s. Il a développé plusieurs activités au sein de sa ferme, en plein cœur de la France profonde (production laitière, élevage bovin, élevage porcin, grandes cultures,...). Cependant tout s’est écroulé en 2001 faute de compétitivité imposée férocement par un système de plus en plus productiviste.

En 2018, Elodie - la fille de Philippe - entamant son 24e printemps, décide de rejoindre son père dans son activité via la création d’un GAEC (Groupement Agricole d’Exploitation en Commun) spécialisé dans l’élevage des bovins en Agriculture Biologique et ainsi sauve et pérennise une passion et un savoir faire ancestral, transmis depuis plusieurs générations.

Le modèle adopté par Elodie et Philippe dépasse naturellement les exigences du label bio et tend spontanément vers l’agroécologie. En effet, la base du cheptel est composée de vaches allaitantes, vivants de la façon la plus naturelle possible en symbiose avec son environnement. Ces animaux sont élevés en plein air intégral et nourris exclusivement à l’herbe et au foin produits par le GAEC.

L’activité privilégie particulièrement les circuits courts et nous prouve que lorsque l’humain s’impose devant le capital, c’est l’ensemble de l’écosystème qui triomphe.




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