Momo vainqueur par abandon !

dimanche 18 janvier 2009
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On se souvient de ce mois d’octobre 2004, où, suite à une histoire incroyable, Momo, délégué CGT du carrefour du Merlan à Marseille, s’était retrouvé en prison. Si l’affaire avait suscité luttes et émoi au point que Momo soit relâché (au bout de 13 jours quand même !) [1], la direction loin de lâcher l’affaire, avait immédiatement entamé une procédure de licenciement. En cours de celle-ci, peu sûre de son issue, elle avait même été jusqu’à proposer une forte somme d’argent pour que Momo parte travailler ailleurs, ce qu’il avait refusé [2]. Par deux fois le licenciement a été refusé. Loin de se rendre à la raison, la direction a poursuivi au tribunal administratif….

RM:4 ans après, tu devais passer le 16 décembre au tribunal administratif pour un nouveau recours en vue de ton licenciement – que s’est-il passé ?

Momo : Le 10 décembre, le Directeur est venu me dire que Carrefour arrêtait les poursuites. Ça m’importait peu, je les croyais pas car je les ai jamais crus…
Leur stratégie, c’était de me mettre la pression pour fragiliser mon syndicat et l’équipe de militants en place.
Ça n’a pas fonctionné, on ne parlait pas de ça et on a continué notre activité syndicale ; s’ils avaient voulu faire un geste d’apaisement social, ils n’auraient même pas entamé la procédure
Ce ne sont pas de bons samaritains
Je n’ai eu la confirmation officielle de l’arrêt de la procédure que le 14 décembre.
Le directeur est venu me voire en disant « vous êtes content ? »
Je lui ai dit que le mérite en revenait à la CGT. S’il attendait des remerciements il en a été pour ses frais

RM Et dans la boite comment les collègues ont réagi ?

Momo : Les salariés ne s’y sont pas trompés puisqu’on est majoritaire en DP et CE et on a fait un carton aux prud’hommes. Evidemment, Carrefour est trop orgueilleux pour le reconnaître
Avant de connaître le dénouement, on avait commencé à mobiliser. Les salariés disaient « mais ce n’est pas encore fini cette histoire ? »
Tu sais depuis 2004, on a multiplié les effectifs du syndicat par 2 ½, ils étaient tous prêts à se mobiliser – j’ai dit à la Direction, c’est votre défaite.

Ils ont dit que j’étais inquiet, en fait tout ce que je voulais savoir, c’est si on devait mobiliser : on se déplace pas pour rien. Ils ont aussi eu peur de la presse

RM Que sont devenus les protagonistes de l’affaire ?

Momo C’est l’ironie du sort !
-  Le chef de la sécurité de l’époque (qui a orchestré l’affaire) a fait par la suite un an ½ de prison pour acte de barbarie et escroquerie
-  Le témoin a été licencié par Carrefour pour racket !

RM Et le Directeur ?

Il a été condamné à deux reprises pour délit de marchandage et il semble que « ça chauffe pour lui » !!!

Pour le reste la morale de cette affaire c’est que, quand on se bat avec des convictions ça marche toujours

Depuis, tu as adhéré à ROUGES VIFS, pourquoi ?

Je me suis aperçu que c’est un collectif qui luttait contre les patrons au côté des plus démunis avec de faibles moyens, mais avec une foi inébranlable, sans intérêt personnel.
A leur côté, je me suis cultivé politiquement et ça m’a aidé à grandir syndicalement.
Les patrons, ils font de la politique, c’est de la politique dissimulée ils mettent en place un management très subtil – Ils font croire qu’ils font du social mais leur stratégie, c’est de garder des moutons, et eux se voient bergers.
Leur stratégie et leur politique je les ai décodées avec le collectif de ROUGES VIFS


En médaillon Momo avec son fils...sans commentaire !


[1Un salarié étant menacé de licenciement, Momo avait fait signer une pétition de soutien ce que la juge avait traduit en « subornation de témoins !(sic !)

[2Voir sur Rouge Midi les articles (1), (2), (3), (4) sur le sujet



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lundi 19 janvier 2009 à 21h00 - par  web de roanne

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