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Plus de 40 émigrants noyés dans deux naufrages au large de la Mauritanie

jeudi 9 mars 2006

Plus de quarante émigrants africains qui se dirigeaient vers les côtes espagnoles de l’archipel des Canaries sont considérés comme noyés dans deux naufrages près des côtes mauritaniennes et du Sahara occidental, a-t-on appris mardi 7 mars de sources humanitaires.

Un premier bilan faisait état de 45 personnes mortes ou disparues, mais trois survivants d’un des naufrages ont été découverts par des pêcheurs.

Les trois rescapés "étaient retranchés depuis 48 heures dans une grotte, ballottés par les vagues, soumis au froid, à la faim et à la soif" ont expliqué ces sources.

Ils faisaient partie d’un groupe de candidats à l’immigration à bord d’une embarcation partie le 1er mars de Nouadhibou, dans l’extrême nord-ouest de la Mauritanie.
Le groupe était composé de 25 Bissau guinéens, 19 Gambiens, 1 Mauritanien et 1 Malien, a indiqué Jaime Bara, porte-parole de la Croix Rouge espagnole.

Selon l’organisation, ce naufrage dont la date n’a pas été précisée s’est produit à la suite d’une panne de moteur de l’embarcation qui a dérivé puis heurté des rochers près des côtes. 24 survivants étaient déjà arrivés dimanche à Nouadhibou.

Un autre naufrage s’est produit à hauteur de Dakhla, dans le sud du Sahara occidental annexé par le Maroc, avec un bilan de 23 morts.
Une embarcation partie le 25 février de Nouadhibou avec 43 hommes à bord a heurté un "patrouilleur marocain ou un bateau de pêche" qui venait les secourir, et s’est brisée en deux.
Tous les émigrants sont tombés à l’eau. Vingt seulement ont pu être sauvés et ont été dirigés vers Nouadhibou où ils sont arrivés vendredi, selon M. Bara, qui n’a pas pu préciser la date exacte du naufrage.

"On calcule qu’entre novembre 2005 et aujourd’hui, 1.200 à 1.300 personnes ont perdu la vie en mer en essayant d’atteindre les Canaries, ils sont prêts à se suicider, c’est un jeu de roulette russe, ou j’arrive ou je meurs", a déclaré à la Cadena Ser le coordinateur du Croissant rouge mauritanien, Ahmedou Ould Haye.
Il estime qu’entre 700 et 800 personnes tentent la traversée chaque jour et que 40% des bateaux qui prennent la mer font naufrage.
Pour ce voyage bien plus périlleux, sur plus de 1.000 km contre une centaine par l’ancienne route, les émigrants utilisent un nouveau type d’embarcations, les "cayucos".
Les cayucos sont des embarcations plus longues et robustes en fibre de verre, pouvant transporter entre 50 et 70 personnes. Elles mesurent 14 à 18 mètres de longueur, et sont dotées de deux moteurs ainsi que d’une douzaine de bidons de combustible.

Linsay avec AFP

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