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Le pentagone publie les noms des détenus de Guantanamo
mardi 7 mars 2006
Pour la première fois, le Pentagone a rendu public vendredi 10 mars 2006, le nom et la nationalité de la plupart des centaines de prisonniers du centre de détention militaire américain de Guantanamo, après en avoir reçu l’ordre par un juge fédéral de New York.
Le Pentagone n’a pas diffusé une liste proprement dite des noms des quelques 490 prisonniers toujours détenus à Guantanamo, sur l’île de Cuba, mais a publié environ 5.000 pages de scripts d’auditions concernant leur statut d’"ennemi combattant" où apparaissent ces informations.
Les noms et les nationalités des détenus étaient jusque-là masqués dans ces documents qui avaient déjà été publiés en juin 2005. Seuls les noms des détenus qui sont passés par le processus d’examen du statut d’"ennemi combattant" ont été publiés. Les détenus qui ont refusé de comparaître devant les commissions examinant leur statut n’ont pas leur nom révélé.
Le camp de Guantanamo a été ouvert en janvier 2002. Les détenus, originaires d’une trentaine de pays, ont été capturés pour la plupart en Afghanistan à l’automne 2001. Leurs conditions d’incarcération et le maintien en détention indéfinie de suspects non inculpés ne cessent de susciter la controverse dans le monde.
Selon un porte-parole du Pentagone, l’identité des détenus était jusque-là gardée secrète pour éviter des représailles contre eux ou contre leurs familles dans leur pays d’origine.
Des organisations de défense des droits de l’Homme ont contesté ces arguments et accusé l’administration Bush de refuser de rendre public les noms des détenus pour empêcher des avocats de les défendre.
En février, un rapport de l’ONU sur Guantanamo a appelé à fermer sans tarder le camp et à juger rapidement les prisonniers ou bien à les libérer. Cet appel avait été relayé par le secrétaire général de l’organisation Kofi Annan et par des capitales européennes, dont Londres et Rome. L’administration Bush a ignoré ces appels considérant que le rapport de l’ONU reposait sur des "on dit" et que le centre de détention était indispensable dans la lutte contre le terrorisme.
Linsay avec AFP
Il est décidément bien long le chemin qui mène à un traitement normal de prisonniers dont les conditions de détention s’appliquant de surcroît à de possibles innocents
ont été maintes fois dénoncées.
Rouge Midi