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M. Darcos annonce 10 000 suppressions de postes dans l’éducation pour 2008
mercredi 4 juillet 2007
Jeudi 28 juin, le ministre de l’éducation nationale a estimé, sur BFM-TV, "aux alentours de 10 000" le nombre de postes qui devraient être supprimés en 2008 dans l’éducation nationale. Xavier Darcos avait rencontré dans la matinée son homologue du budget, Eric Woerth, qui avait annoncé la semaine précédente le non-remplacement, dans le budget 2008, de 35 000 à 40 000 fonctionnaires partant à la retraite. Les arbitrages concernant la part de l’éducation nationale dans ces économies seraient pris "au mois d’août", a indiqué M. Darcos.
Admettant être face à "une question difficile", M. Darcos a assuré que son ministère "ne s’abstiendra pas, évidemment" de participer au projet gouvernemental d’économie d’emplois publics, mais que "l’éducation nationale a une difficulté : c’est une entreprise de main-d’oeuvre, c’est-à -dire quand on vous supprime un professeur dans le premier degré, vous fermez une classe. Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire, bien sûr il faut le faire, mais cela exige des aménagements de ce qu’on appelle l’offre scolaire". Parmi les pistes évoquées par le ministre figure l’éventualité de " regrouper des options" dans le secondaire, de "changer les programmes" ou de recourir plus largement aux heures supplémentaires.
Toujours au chapitre des aménagements possibles, mais de plus long terme, M. Darcos a évoqué un autre projet contesté par les syndicats en rappelant qu’il était favorable à la bivalence (enseignement de deux matières par un même enseignant).
Le ministre de l’éducation, qui connaît trop bien la "maison" pour ignorer que, une fois lâché, le chiffre de 10 000 suppressions de postes ferait l’effet d’une bombe, a pris soin de laisser du flou dans ses déclarations. Il a ajouté que 8 000 postes devaient disparaître dans le domaine "des emplois aidés et de tout ce qui concourt à la vie scolaire dans le second degré en ne remplaçant pas un emploi équivalent temps plein sur deux".
ADDITION OU RECOUPEMENT ?
Or, ces emplois aidés, principalement de surveillance, ne sont pas des emplois de fonctionnaires et sont difficiles à compter en "postes", étant le plus souvent à temps partiel et pour des durées de contrats variables. Les deux chiffres s’additionnent-ils ou se recoupent-ils ? Dans tous les cas, ce serait une diminution, très redoutée par les enseignants, de la présence adulte dans les établissements scolaires.
Les syndicats ont réagi vivement aux propos de M. Darcos. L’Unsa-Education, deuxième fédération syndicale du monde éducatif, a dénoncé "le pilotage par la seule approche budgétaire". Fustigeant "une logique comptable à courte vue", Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première fédération syndicale de l’enseignement, a indiqué que "si ces annonces se confirment" celle-ci "fera tout pour organiser la riposte la plus unitaire possible". Pour M. Aschieri, "ces coupes claires d’une ampleur inégalée sont une bien singulière façon d’afficher la priorité à l’éducation mais aussi de lancer des négociations sur les métiers".
L’annonce faite par le ministre est "ahurissante et inacceptable" et elle " hypothéquerait toute possibilité d’amélioration et de transformation de l’Ecole", a estimé Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat de l’enseignement primaire.
Nicolas Sarkozy avait proposé pendant la campagne électorale ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, sans jamais préciser si cette règle devait pleinement s’appliquer à l’éducation nationale. Depuis sa nomination, M. Darcos a néanmoins constamment prévenu ses interlocuteurs qu’il était membre d’un gouvernement ayant "reçu mandat d’alléger la charge de l’Etat" et qu’il ne pourra pas s’en "abstraire".
Par Luc Cédelle et Catherine Rollot Article paru dans l’édition du Monde du 30.06.07.
Transmis par Linsay
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