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Pour les camarades de la CGT SPIE, la solidarité n’est pas qu’un mot
mardi 24 mars 2026, par
Chez SPIE, enfin chez les employeurs, on a le sens des affaires et des priorités. Voilà un groupe qui peut se féliciter de sa politique et il ne s’en prive pas en rappelant qu’il vit « Une nouvelle année marquée par un free cash-flow exceptionnel
Free cash-flow de 524 millions d’euros et taux de cash-conversion de 108 %, nettement au-dessus de l’objectif de 100 %, portés par une gestion optimale du besoin en fonds de roulement (-34 jours de production), illustrant une nouvelle fois la forte capacité structurelle de génération de trésorerie du Groupe
Bilan très solide et nouvelle baisse du levier à 1,3x3 »
Tous éléments qui ont permis « Rentabilité record et croissance solide portant la production bien au-dessus de la barre des 10 milliards d’euros » N’en jetez plus !
Evidemment si on suit SPIE ces profits exceptionnels sont dus à la qualité de sa gestion, à la pertinence de ses choix stratégiques et à des salariés envers qui le PDG a « un profond respect et une immense gratitude envers nos collaborateurs, dont les compétences et l’engagement remarquables ont forgé notre réussite. » Merci pour eux...
Sauf que...
Sauf que, dans la réalité, à la moindre erreur, le respect et la gratitude se manifestent par un licenciement pour faute grave, comme cela vient de se passer à Marseille pour un salarié de SPIE City qui a eu le malheur de faire une coupure de courant plus étendue que prévue ce qui a eu pour conséquence que des voitures électriques qui étaient en charge, ont vu celle-ci retardée de quelques heures...
Une catastrophe nationale !!!!
Une atteinte grave au sacro-saint « free cash-flow »
Et alors adieu gratitude et respect : licenciement direct pour faute grave ! Oubliées les heures effectuées par ce salarié à venir dans le froid du matin prendre son poste de travail avec application. Oubliés tous les moments à travailler dehors par tous les temps et qui ont contribué à la « rentabilité record ». Soyons intraitables, Tesla (les voitures concernées) n’attend pas ; il ne faudrait pas que Trump vienne enlever Macron pour atteinte à la sérénité d’Elon Musk !!!
La sanction est tombée et l’histoire pourrait s’arrêter là.
Sauf que...
Chez SPIE City les salariés sont solidaires et leurs camarades CGT des environs aussi. Le lundi qui a suivi a vu une journée de grès de la totalité de l’agence concernée avec le soutien des PAMAR voisins, de camarades de la métropole Aix-Marseille, de Lafarge, des retraités...
Bref une mobilisation qui, comme le dit le syndicat de SPIE City, fait « que ce genre de moment ravive la flamme de la lutte dans nos cœurs. » Et le syndicat de rajouter : « La sanction est plus que disproportionnée et va dans la vision du patronat actuel de taper sur les salariés pour un oui ou pour un non. Le dialogue social est rompu depuis trop de temps au sein de Spie, le fossé entre notre réalité et la leur ne fait que grossir. Parce que quand un salarié est licencié dans ces conditions, c’est tout le monde qui peut se sentir menacé. On ne peut pas gérer une entreprise en installant la peur chez les salariés !!! »
Et de conclure par un fait important : la récente condamnation par la cour de cassation de l’entreprise pour détournement de démocratie sociale. Traduction : tricherie lors des élections ce qui s’ajoute aux actes de mépris dénoncés par le syndicat. On est loin de la gestion tant vantée sur le site de l’entreprise qui en fait des tartines sur « qualité de vie au travail, l’évolution de carrière et un dialogue social constructif.? » Une entreprise qui « s’engage pour le bien-être de ses collaborateurs (...) à tisser un lien de confiance avec ses collaborateurs grâce à un dialogue social ouvert et permanent. »
N’en jetez plus et surtout ne prenez pas las salariés et la population pour des andouilles...et encore moins la cour de cassation !
Si chez SPIE City le travail a repris, le salarié jeté dehors comme un mouchoir usagé, accompagné du syndicat n’a pas renoncé à faire entendre justice.
On verra bien, une nouvelle fois, ce que les salariés et la justice si elle est saisie, pensent du « dialogue constructif » version SPIE City...
Rouge Midi