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Soirée des voeux 2026
samedi 31 janvier 2026
Dans une ambiance fraternelle, dans une salle bondée reflet des luttes du moment, le discours des voeux a été prononcé par Alice et Emilie. A noter que dans la soirée, 3 nouvelles camarades, toutes 3 militantes syndicales, ont adhéré à l’ANC. Et bien sûr la soirée s’est clôturée avec Los Fralibos qui nous ont fait une fois de plus le bonheur de "s’incruster" comme ils disent !
Tout d’abord nous devons excuser pour ce soir L.O, la FSU 13 et...Georges Ibrahim Abdallah qui nous envoie son bonjour du Liban.
Nous remercions de leur présence une délégation du NPA, du front de lutte comorien avec qui nous avons signé une convention de partenariat politique, de la JC 13, et de plusieurs organisations de la CGT dont particulièrement celles des PAMAR.
Nous remercions aussi Jimmy Schellaert pour les travaux de transformation de notre maison que vous avez pu constater en arrivant et Lauriane Zami l’architecte qui a conçu cet agencement.
Et enfin nous remercions Jean-Marc, David, Jérémy, Henry, Yves... qui y ont contribué et Emilie, Corinne, Lucie, Mehdi pour le buffet de ce soir et tous les autres que nous ne citons pas...
Bonjour à toutes et tous en vous remerciant de votre présence. Bien sûr nous voulons souhaiter le meilleur pour vous et vos familles en cette année 2026 lourde de dangers et de menaces pour la paix dans le monde. Une année aussi lourde de menaces au niveau national avec ce gouvernement de régression sociale tous azimuts.
Au niveau international il est de bon ton dans les médias mais aussi parfois dans notre camp, de parler de la folie de Trump comme si les USA, depuis leur création commencée par la colonisation et le massacre des populations autochtones, avaient fait autre chose que de promouvoir les intérêts des dominants du pays au détriment de celui des populations du monde en commençant par celles d’Amérique Latine qu’ils ont toujours considéré comme leur jardin exclusif.
On reparle ces temps-ci de la doctrine Monroe, on pourrait parler aussi du « Big Stick » du début du 20ème siècle, du corollaire de Roosevelt, du diktat de Bretton Woods au sortir de la 2ème guerre mondiale, des restrictions au pouvoir de l’ONU dès sa création, des multiples coups d’état fomentés depuis toutes ces années un temps freinés par le camp soviétique et qui ont repris de plus belle après la chute du mur de Berlin. Combien de pays se sont vu confisquer leur droit à la paix et la souveraineté par l’impérialisme étatsunien – et non pas américain mot qui, par un abus de langage, désigne ce pays alors que le continent américain comprend 35 pays – au service d’un capitalisme national qui se veut le premier dominant de la planète ?
Nous ne savons pas si Trump est fou au sens clinique du terme, nous ne sommes pas docteurs, mais en tout cas il est dans la lignée de la politique étrangère étasunienne, avec plus de violence dans le propos sans doute, plus d’outrance dans les termes, mais sur le fond guère différent, pour se limiter aux dernières décennies, de ses prédécesseurs qui larguèrent 7 millions de tonnes de bombes sur le Vietnam, de Nixon qui fit le coup d’état au Chili, de tous ces chefs d’état qui depuis 1945 soutiennent sans relâche tous les massacres dus à la colonisation de la Palestine par l’entité sioniste et pour finir de Biden à qui il a succédé.
Les plus grands terroristes de la planète ont une capitale, c’est Washington !
Enfin plus exactement une capitale et des succursales qui sont Paris et ses 21 dirigeants africains assassinés, de Modibo Keita à Kadhafi en passant par Lumumba et Sankara, Londres de Palmerston promoteur dès 1840, de la création du « foyer national juif », Berlin et ses pseudo-fondations allemandes qui essaient en Afrique notamment de rattraper le temps perdu lors des deux dernières guerres mondiales. On pourrait aussi parler de l’Asie et en particulier de la Corée, pays coupé en deux par la colonisation étasunienne, de la Chine cible des guerres à venir des puissances impérialistes et de tant de pays du monde comme l’Iran aujourd’hui, au bord d’une guerre dont on va nous dire que c’est pour le bien des femmes voilées de force alors qu’il suffit de lire les déclarations du parti communiste iranien pour comprendre que c’est bien autre chose qui se joue.
La liberté des femmes, comme la lutte contre l’inflation ou contre une théocratie ne peut nous convaincre du bien-fondé de l’application de la loi du plus fort au détriment du libre arbitre des peuples. Et puis qui, l’UE et les USA, vont-ils convaincre de leurs bonnes intentions ? Eux qui sont les meilleurs amis de l’Arabie Saoudite, de Bahreïn ou du Qatar modèles de démocratie comme chacun sait ?
Comme pour le Venezuela, la souveraineté des peuples ne se divise pas.
Rien ne peut justifier l’intervention des USA dans le monde, ni celle de la France en Kanaky ou à Mayotte, ni celle de la Grande Bretagne en Argentine, ni celle de celle de l’Allemagne en Afrique. C’est dans cette situation mondiale que nous devons plus que jamais exprimer notre solidarité internationale et notre engagement dans la résistance des peuples. Avec eux nous disons non à l’impérialisme et oui à une paix seulement accessible par la justice, l’égalité et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Au niveau national, la France à la fois valet des USA et, au sein de l’union européenne, concurrente de l’impérialisme US, s’aligne voire devance les choix de l’économie de guerre.
Aux 413 milliards historiques de la loi de programmation militaire s’ajoutent les choix de porter à 5% du PIB la contribution au budget de l’OTAN et les 46 milliards annoncés par Bayrou, confirmés par Lecornu avec la bénédiction du PS. Cette question de la paix et de l’attitude face à ce gouvernement de récession et de régression sociale détermine notre action et, nous l’avons écrit dès décembre dernier, notre attitude dans les prochaines élections municipales.
Comment l’ANC pourrait-elle soutenir des listes où sont présentes des forces politiques qui permettent à ce gouvernement de se maintenir et de poursuivre sa politique ?
Nous l’avons dit les élections municipales ont leur propre logique ville par ville et ce rajouté au fait que l’élection est forcément différente d’un tour à l’autre. Dans tous les cas ce n’est pas l’électoralisme qui nous guide mais la défense de nos valeurs, de notre éthique, de notre engagement sans faille contre le capitalisme et ses avatars que sont les guerres coloniales impérialistes de notre temps.
Dans ce cadre il nous semble indispensable de faire un aparté sur ce qui se passe à Marseille autour du projet IMEC dont la pierre angulaire est le jumelage avec Haïfa. Comment se dire de gauche aujourd’hui et soutenir ce jumelage ?
Nous tenons dans ce cadre à saluer l’action constante de nos camarades d’UPM et des femmes qui majoritairement sont à la tête de cette lutte. Comment se dire ne serait-ce que progressiste sans dénoncer la fabrication et les livraisons d’armes, sport international dont la France est devenue vice-championne du monde, activité d’autant plus révoltante quand elle permet à l’entité sioniste de perpétrer son génocide en toute impunité ?
Bien sûr nous savons que dans ce pays la lutte pour les droits est indissociable de la lutte contre la fascisation qui tous les jours se développe et gangrène nos institutions : médias qui déforment la vérité et donnent libre cours au racisme décomplexé, police qui pénètre dans des lieux naguère inviolables, police encore qui tue comme cela a été une nouvelle fois le cas récemment en région parisienne, général embauché à France travail, camarades poursuivis pour avoir dénoncés le génocide, , armement des personnels de service public comme la RTM à Marseille, agents de « sécurité » aux portes des écoles, projet de loi Yadan, Hollande et consorts qui veut nous interdire de prononcer le mot Palestine.
La lutte est dure mais, comme nous le disons avec force comme dans notre édito de janvier, nous n’avons pas d’autre choix, comme les enfants de Gaza, comme les folles de mai d’Argentine, comme les révoltés de Kanaky, comme le peuple du Soudan, du Nigéria, de Corée, d’Indonésie...nous n’avons pas d’autre choix : recommençons !
Dans les BDR, nous réaffirmons aujourd’hui lors de nos vœux 2026 l’urgence de la Paix. La Paix car c’est elle qui conditionne toute nos autres libertés.
Ici, depuis 2022 et plus particulièrement en 2025, notre section s’est déployée avec nos tracts et pétitions sur les marchés, devant les entreprises, aux sorties des métros, pendant les manifestations, au festival d’Avignon avec un déploiement de banderole mémorable. Nous avons pu compter à nos côtés les camarades d’UPM, JC13 et Ligne Rouge pour porter cette campagne, évidement relancée en 2026 avec un matériel mis à jour et l’opportunité donnée à d’autres organisations de nous rejoindre.
2025, comment ne pas le souligner, comme un éclair lumineux dans cet océan de grisaille, a vu la libération de notre président d’honneur, Georges Ibrahim Abdallah que nous avons pu aller voir à Beyrouth et à qui nous allons pouvoir envoyer, mi-février ses 450 kilos de livres qu’il avait accumulés dans le réduit de sa prison.
Comme on a lui a dit, si en plus de ses lectures qu’il a souvent méthodiquement annotées, il avait, comme un certain président à talonnettes pris du temps pour écrire un livre tous les 15 jours, il aurait certainement obligé à la construction d’un 5ème immeuble à la bibliothèque nationale de France !!
2025 a aussi été une année de luttes sociales à laquelle l’ANC a contribué à la hauteur de ses moyens, la plus emblématique de celles-ci et victorieuse de surcroît étant sans conteste celle des PAMAR qui ont remporté au bout de deux ans de lutte constante et déterminée une victoire historique tant humainement, que socialement et même que juridiquement obtenant une victoire qui fera jurisprudence. Victoire pour l’emploi, pour la dignité, contre le racisme et l’islamophobie.
Autre élément, 2025 a vu les camarades de Ligne Rouge décider de rejoindre l’URC, ce qui est bien sûr une très bonne nouvelle pour nous, mais aussi un signe de plus du possible rassemblement des communistes dans l’année qui a vu la fusion du RC et de l’ANC dont le résultat le plus palpable est une progression de plus de 30% de nos effectifs nationalement et une nos journaux Le Manifeste et Rouge Midi désormais lus par des dizaines de milliers de lecteurs par jour.
2026 sera à bien des égards une nouvelle année où nous aurons à démontrer non seulement nos capacités de résistance mais celle aussi de construction d’une alternative crédible à l’échelle du pays. Montrer notre capacité à peser dans le débat politique national pour dire qu’il n’y a pas d’avenir dans le capitalisme, pas d’avenir sans renverser le capitalisme et ses ravages dans les entreprises, les campagnes et les quartiers populaires.
C’est aussi tout l’enjeu de la formation proposée par le Cercle Manouchian et nos deux formateurs Henry et Corine, comprendre ces mécanismes pour mieux les combattre.
Alors en 2026 recommençons :
– Recommençons à nous tenir debout aux côtés des peuples les plus durement touchés par l’impérialisme bête immonde issue du capitalisme en crise. Quand les peuples relèvent la tête, nous ne pouvons que soutenir leur droit à disposer d’eux même.
– Recommençons à lutter aux côtés des plus exploités, stigmatisés, exclus, appauvris, conscients que ces femmes et ces hommes et leurs enfants sont les premiers impactés par la casse généralisée du travail, des droits sociaux et services publics.
– Recommençons à nous révolter devant chaque injustice, à apporter notre solidarité à chaque juste cause, à porter dans nos cœurs cette idéal de Paix, de partage et de justice que seul le communisme incarne !
« Même si tu sens la fatigue…
Même si le triomphe t’abandonne…
Même si une erreur te fait mal…
Même si une trahison te blesse…
Même si une illusion s’éteint…
Même si la douleur brûle tes yeux…
Même si on ignore tes efforts…
Même si l’ingratitude en est le prix…
Même si l’incompréhension coupe ton rire…
Même si tout a l’air de rien…
RECOMMENCE ! »
Rouge Midi