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Lutte pour l’Hôpital de Martigues, notre entretien avec Laure Privat, secrétaire générale CGT de l’Hôpital de Martigues

jeudi 29 janvier 2026, par Rouge Midi

Votre meeting à Martigues, le 22 janvier dernier, a été un succès. Mais avant d’en venir au contenu, j’aimerais que tu rappelles l’histoire de votre lutte et ce qui en a été le point de départ.

Cette lutte est née il y a plus de trois ans d’un constat partagé par les syndicats CGT de l’industrie : l’hôpital public de Martigues n’était déjà plus en capacité de répondre correctement aux besoins de la population, tandis que les conditions de travail des personnels se dégradaient fortement.

La Direction annonçait des fermetures sporadiques des urgences, faute de médecins. Sous-effectif chronique, fermetures de lits, rappels sur repos, explosion des heures supplémentaires, manque de matériel… cette situation n’est pas le fruit du hasard mais plutôt de choix politiques et budgétaires assumés.
La gravité de cette mobilisation est aussi lié à l’absence totale d’anticipation des besoins de santé du territoire, notamment face au développement de la zone industrialo-portuaire et à l’augmentation de la population d environ 10 000 travailleurs.

Face à cette situation, la CGT a fait le choix de construire une lutte collective, avec les élus, les agents et la population, pour défendre, sauvegarder et renforcer l’hôpital public de Martigues.

Quelles ont été les grandes étapes de cette lutte ? Quels ont été les soutiens ?

La lutte s’est construite dans le temps et par étapes. Elle a d’abord pris appui sur un travail de terrain auprès des agents : réunions de service, assemblées générales, échanges avec les équipes pour faire remonter la réalité du travail et construire des revendications solides et partagées.

Dans un second temps, la mobilisation s’est élargie à la population à travers des pétitions, des distributions de tracts sur les marchés, des rassemblements, des réunions publiques et des interpellations des élus et des institutions : sous-préfet, ARS [1] ...

Cette lutte a pu compter sur de nombreux soutiens : les agents de l’hôpital, les usagers, l’Union locale CGT de Martigues, les syndicats CGT interprofessionnels, les pompiers du SDIS 13, des élus locaux, des associations comme l’ADEVIMAP [2] et des soutiens extérieurs intéressés par cette mobilisation ancrée dans le territoire.

Un certain nombre d’acquis de la lutte ont été annoncés à l’occasion du meeting. Peux-tu nous les détailler ?

La mobilisation a permis d’obtenir des acquis concrets. Le plus significatif est l’obtention de 28 millions d’euros de l’ARS pour le projet immobilier de l’hôpital. Sans la mobilisation des syndicats CGT, des agents, des élus et de la population, cet investissement n’aurait jamais été accordé.
Cet acquis démontre que la lutte était légitime et nécessaire.

Cependant, nous l’avons clairement affirmé lors du débat public organisé par l’union local CGT de Martigues : un projet immobilier sans moyens humains supplémentaires n’a aucun sens. Aujourd’hui, la direction tente d’adosser cet investissement à un plan dit « d’efficience », qui prévoit des économies, la remise en cause des acquis sociaux et la suppression d’environ 90 postes d’ici 2030. Le plan de financement de ce projet traduit des engagements insuffisant :

  • 32,3 millions d’euros de l’ARS PACA
  • 4 millions d’euros de la Métropole Aix Marseille Provence
  • 2 millions d’euros de la Region Sud
  • 500 000 euros de la Ville de Martigues

Pour la CGT, ce plan de financement de ce projet a 60 millions d’euros doit servir à renforcer l’hôpital public, et non à organiser sa fragilisation : on ne soigne pas avec des murs vides de personnel.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Les prochaines étapes sont claires. Il s’agit d’abord de poursuivre l’information et la mobilisation des agents et de la population, car rien n’est définitivement acquis.

La CGT continuera à porter des revendications fortes :

 170 millions d’euros pour des moyens financiers à la hauteur des besoins du territoire
 la création de 90 emplois statutaires à temps plein
 la restitution des acquis sociaux remis en cause.

Nous continuerons également d’interpeller l’ARS, les pouvoirs publics et les élus, car la santé ne peut pas être une variable d’ajustement budgétaire.

Cette lutte s’inscrit dans le temps long : l’objectif est de construire un hôpital public de proximité, accessible à toutes et tous, avec des conditions de travail dignes pour les agents et une offre de soins de qualité pour la population.

entretien mené par Rouge Midi avec Laure Privat, secrétaire générale de la CGT Hôpital de Martigues.


[1Agence Régionale de Santé. Suite à la loi « Hôpital, patients, santé et territoire » (HPST) de 2009, ces établissements sont chargés, sous le contrôle du Ministère de la Santé, de mettre en œuvre les politiques de santé dans chaque région.

[2Association de Défense des Victimes des Maladies Professionnelles de l’Ouest de l’Etang de Berre, plus d’informations ici

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