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Palestine : au coeur de l’impérialisme américain, au centre de nos luttes
mercredi 14 janvier 2026
Texte lu par Dalila de UPM (Union pour la Palestine Marseille) lors de la manifestation hebdomadaire du 11 janvier 2026
La Palestine est au cœur de l’impérialisme américain, parce qu’elle en est le laboratoire !
Depuis plus de 77 ans, la Palestine n’a jamais été seulement un territoire occupé : elle est devenue le laboratoire de l’impérialisme américain et de son bras armé israélien, le théâtre d’une stratégie de domination qui transcende le seul Moyen Orient. La volonté de contrôler, d’extraire, de discipliner et d’écraser les résistances populaires y a été testée, raffinée et normalisée sous les yeux du monde entier. Ce n’est pas un accident si Israël est aujourd’hui le plus grand bénéficiaire d’aide militaire américaine au monde, avec des milliards de dollars, au détriment même du contribuable américain qui ne bénéficie de quasi aucune protection sociale là où les Israéliens jouissent d’une santé gratuite ! Et que dire des protections diplomatiques sans précédent ? L’appareil étatique américain a fait de la défense d’Israël un pilier de sa stratégie pour maintenir sa domination régionale et globale.
Ainsi, la dépossession systématique des Palestiniens n’est pas un conflit territorial comme se plaisent à faire semblant de le croire les puissances européennes : c’est un projet colonial et impérialiste qui modèle la manière dont les grandes puissances envisagent leurs relations avec les peuples du Sud mondial. En Palestine, la dynamique de dépossession et de militarisation a été expérimentée et légitimée et ces méthodes sont aujourd’hui réutilisées ailleurs. Abandonner la Palestine a ouvert la porte à une escalade impérialiste mondiale.
Ce que nous voyons aujourd’hui au Venezuela en est une illustration directe. La récente offensive américaine (étasunienne NDLR) contre le Venezuela, avec des opérations militaires et l’enlèvement du président Maduro ne sont pas une rupture isolée : c’est l’actualisation d’un impérialisme qui ne se limite plus à des zones périphériques, mais cherche à enfermer les nations souveraines dans une dépendance politique, économique et militaire. Nous ne sommes pas naïfs, qui peut encore ne pas voir cette offensive d’une machine impérialiste cherchant à justifier l’intervention par des prétextes, tout en s’attaquant directement aux ressources stratégiques, notamment le pétrole vénézuélien, sous couvert de sécurité et de lutte contre « le crime » ? Nous nous rappelons toutes et tous 2003 et les mensonges de l’administration Bush pour envahir l’Iraq, non pas pour en libérer le peuple, mais en libérer le pétrole !
Ces logiques ont été développées et testées en Palestine : la destruction des structures sociales, la justification de la violence au nom de la « sécurité », la négation des droits fondamentaux, tout ça est maintenant appliqué à d’autres nations qui refusent de s’aligner sur l’ordre mondial dicté par Washington. L’impérialisme américain (étasunien NDLR) a appris à banaliser l’usage de la puissance militaire, à normaliser la violation des souverainetés et à transformer ses entreprises économiques en entreprises coloniales déguisées.
La logique de prédation coloniale qui a ravagé la Palestine aujourd’hui plane sur le Groenland, où le plus fort explique calmement mais de manière inacceptable que ce territoire lui revient, un point c’est tout.
Les menaces, explicites, d’annexion ou d’ingérence étasunienne sur le Groenland, un territoire autonome danois avec une importance stratégique majeure dans l’Arctique, illustrent à quel point le spectre impérial rôde partout. Des dirigeants américains ont réitéré leur désir de contrôler le territoire, motivés par des intérêts militaires et par l’accès à des routes maritimes, des bases et des ressources naturelles stratégiques.
Ce projet n’est pas anodin et il suit le même schéma que celui mis en place contre les Palestiniens : faire de territoires souverains des pièces d’un échiquier géopolitique où la puissance impose sa loi. Les Palestiniens ont été abandonnés, et maintenant le monde entier est menacé par ce modèle.
Abandonner la Palestine, c’est avoir abandonné l’idée même de justice internationale contre une force impérialiste. C’est avoir légitimé l’occupation, l’annexion, l’expulsion et la déshumanisation. Ce modèle, forgé dans l’expérience coloniale israélienne et sanctionné par la superpuissance étasunienne, est aujourd’hui la doctrine implicite de l’impérialisme contemporain.
Quand on tolère la dépossession, on prépare l’avenir de l’interférence armée et des interventions déguisées en missions de « sécurité » ou de « libération ». Quand on laisse faire la militarisation et le nettoyage territorial en Palestine sans rupture claire, on ouvre la voie à ce que des nations comme le Venezuela puissent être converties en champs d’expérimentation pour les mêmes logiques de domination. Et aujourd’hui, quand même des territoires comme le Groenland, loin de tout conflit colonial historique, deviennent des cibles d’intérêt stratégique, on voit à quel point ce militarisme impérialiste s’est mondialisé.
Ainsi, reconquérir la Palestine, c’est remettre en cause l’impérialisme trumpo-sioniste !
Au fond, la lutte pour la Palestine n’est pas une lutte isolée : elle est au centre de la contestation des structures impériales mondiales. Tant que la Palestine reste un territoire où la violence coloniale est tolérée et renforcée, le militarisme, la prédation des ressources, l’ingérence politique et la justification sanglante de l’intervention resteront des normes acceptables pour les grandes puissances. La Palestine n’est pas un simple point sur une carte : elle est un révélateur des mécanismes du pouvoir global et un avertissement sur où mène un monde qui abandonne les principes de souveraineté, d’autodétermination et de justice.
Rouge Midi