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Non au jumelage !
mercredi 17 décembre 2025
Intervention d’UPM dimanche 14 décembre
Marseillaises, Marseillais,
Notre ville se targue d’être la cité de la solidarité, c’est en grande partie vraie grâce à la mobilisation populaire, grâce à la conscience de ses habitantes et habitants. Néanmoins, depuis 1958 les pseudo-élites politiques et économiques locales maintiennent un jumelage avec Haïfa, une ville israélienne dont les infrastructures, port, industries, réseaux logistiques, université, jouent un rôle central dans l’appareil économique et militaire du génocide que l’État colonial d’Israël commet contre les Palestiniens. On ne peut fermer les yeux sur ce lien de la honte, sur ce reniement de nos valeurs les plus essentielles : Haïfa est le principal port israélien, une porte méditerranéenne qui alimente les chaînes d’approvisionnement de la machine génocidaire et ça personne ne peut le nier.
Dans ce contexte, maintenir un jumelage historique sans le remettre en cause pendant qu’à Gaza des centaines de milliers de vies sont brisées relève d’une compromission politique et morale qu’il nous faut dénoncer et sanctionner. Ici, à Marseille, des citoyens, associations et même certains élus ont demandé la suspension ou la rupture de ce jumelage, non par haine des peuples, mais pour que la ville cesse d’offrir une caution à des institutions liées à un État qui mène une politique d’occupation, de colonisation et d’extermination.
Que nous a-t-on proposé en guise de réponse ? M Payan et son équipe de bourgeois privilégiés qui n’ont que faire de l’ampleur de la boucherie perpétré par l’état colonial d’Israël, en effet rappelons que Benoit Payan à plusieurs reprises et plein de mépris a déclaré que pour lui ce qui se passe à Gaza n’est pas selon lui un génocide, n’ont rien su proposer d’autre qu’un geste cosmétique : jumeler Marseille avec Bethléem, annoncé récemment par la mairie comme « acte de solidarité ».
Un os lancé aux mobilisations. Mais comprendre le geste, c’est aussi le décoder : annoncer un jumelage avec Bethléem tout en maintenant le lien avec Haïfa, c’est faire tenir côte à côte deux récits incompatibles : celui d’une solidarité affichée et celui d’une continuité diplomatique qui protège des intérêts concrets. Le double discours a été rendu public par la municipalité elle-même lors d’annonces il y a quelques semaines, toutes pleines d’une langue de bois à faire vomir.
Ajoutons à cela la politique municipale sur l’aide humanitaire : des décisions qui ont oscillé entre versements, suspensions, rétablissements, des mesures qui montrent que la mairie joue la prudence politique au détriment d’une ligne claire de justice pour les Palestiniens. Le résultat ? Une population qui manifeste, des associations qui réclament cohérence, et une municipalité qui tente de réconcilier l’irréconciliable, de ménager la chèvre et le chou dans un calcul digne de la politique politicienne la plus vile.
Nous exigeons donc la rupture immédiate du jumelage avec Haïfa. Nous demandons sans plus attendre une politique municipale cohérente qui privilégie la justice et non la mise en scène ; des actes concrets d’aide humanitaire indépendants des manœuvres politiques ; et surtout, le respect de la mobilisation populaire, pas des annonces faites pour nous amadouer. Marseille n’a pas à être complice, même symboliquement.
On ne se laissera pas berner par des communiqués maquillés en solidarité. L’os de Bethléem ne mange pas la faim, ne répare pas les maisons, ne rendra pas les vies perdues. Nous demandons une vraie démarche de justice et de fidélité au droit international, et tant que ces exigences ne seront pas satisfaites, nous continuerons à nous lever, à crier et à exiger cohérence et responsabilité de la mairie et de son numéro un.
Pour Gaza, pour la Palestine, pour la mémoire des victimes, Marseille doit choisir : solidarité réelle ou hypocrisie municipale. Nous ne sommes dupes de rien.
Palestine vivra, Palestine Vaincra !
Rouge Midi