Le réarmement USA anti-russe est bipartisan

lundi 23 octobre 2017
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Les Démocrates, qui chaque jour attaquent le républicain Trump pour ses déclarations belliqueuses, ont voté au Sénat avec les Républicains pour augmenter en 2018 le budget du Pentagone à 700 milliards de dollars, 60 milliards de plus que ce qu’avait demandé Trump. En ajoutant les 186 milliards annuels pour les militaires retraités et autres postes, la dépense militaire totale des Etats-Unis se monte à environ 1000 milliards, c’est-à-dire un quart du budget fédéral. Le vote à l’unanimité du Comité des services armés, formé de 14 sénateurs républicains et 13 démocrates, a été décisif.

Le Comité souligne que “les Etats-Unis doivent renforcer la dissuasion face à l’agression russe : la Russie continue à occuper la Crimée, à déstabiliser l’Ukraine, à menacer nos alliés Otan, à violer le Traité Inf de 1987 sur les forces nucléaires à distance intermédiaire, et à soutenir le régime d’Assad en Syrie”. Il accuse en outre la Russie de mener “une attaque sans précédent contre nos intérêts et valeurs fondamentales”, en particulier à travers “une campagne visant à miner la démocratie américaine”. Véritable déclaration de guerre, avec laquelle la coalition bipartisane justifie la montée en puissance de toute la machine de guerre étasunienne. Voici quelques uns des postes de dépense dans l’année fiscale 2018 (commencée le 1er octobre 2017) :
- 10,6 milliards de dollars pour acheter 94 chasseurs F-35, 24 de plus que requis par l’administration Trump ;
- 17 milliards pour le “bouclier anti-missiles” et les activités militaires spatiales, 1,5 de plus que le chiffre requis par l’administration ;
- 25 milliards pour construire 13 navires de guerre, 5 de plus que requis par l’administration.

Des 700 milliards du budget 2018, 640 servent principalement à l’achat de nouveaux armements et à l’entretien du personnel militaire, dont les soldes sont augmentés portant le coût annuel à 141 milliards ; 60 milliards servent aux opérations guerrières en Syrie, Irak, Afghanistan et ailleurs. En outre 1,8 milliards sont destinés à l’entraînement et l’équipement de formations armées sous commandement USA en Syrie et Irak, et 4,9 milliards au “Fonds pour les forces de sécurité afghanes”.

Pour l’ “Initiative de réassurance européenne”, lancée en 2014 par l’administration Obama après “l’agression revancharde russe contre l’Ukraine”, sont destinés, en 2018, 4,6 milliards : ils servent à augmenter la présence de forces blindées étasuniennes et le “prépositionnement stratégique” d’armements étasuniens en Europe. Pour fournir une “assistance létale” ( c’est-à-dire des armements) à l’Ukraine ce sont 500 millions de dollars qui sont alloués.

L’augmentation du budget du Pentagone entraîne celles des autres membres de l’Otan sous commandement USA, Italie comprise dont la dépense militaire, des actuels 70 millions d’euros par jour, devra monter jusqu’a 100 environ.

En même temps le budget du Pentagone présente ce qui se prépare pour l’Italie. Parmi les postes de dépense mineures, mais pour autant non moins importantes, se trouvent 27 millions de dollars pour la base d’Aviano, preuve que continue sa potentialisation en vue de l’installation des nouvelles bombes nucléaires B61-12, et 65 millions pour le programme de recherche et développement d’ “un nouveau missile avec base à terre à portée intermédiaire pour commencer à réduire l’écart de capacité provoqué par la violation russe du Traité Inf”.

En d’autres termes, les Etats-Unis ont un programme de déploiement en Europe de missiles nucléaires analogues aux Pershing 2 et aux Cruise des années 80, ces derniers installés aussi à l’époque en Italie à Comiso. C’est ce que nous annonce du Sénat des Etats-Unis, avec son vote bipartisan unanime, le Comité sur les services armés.

Manlio Dinucci
Le mardi 17 octobre 2017
Traduction PATRIZIO Marie-Ange




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