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Fédérer les différences (9)

mardi 3 juillet 2012
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D’abord, renouveler mon regret de ne pas être à Marseille pour participer à cette initiative.

Pas forcément pour tenter de ressouder des morceaux dont, plus le temps avance, plus il me semble que des métaux pourtant initialement bien trempés montrent des fissures non réductibles mais plutôt pour voir comment malgré ces fissures des principes pouvant faire rassemblement peuvent fédérer des différences.

La fissure-crevasse principale étant le parti pris ou non du travail de ceux qui l’exercent ou voudraient pouvoir l’exercer dans des conditions de qualité et de dignité qui exigent de révolutionner la société. Il ne s’agit pas d’une figure de style. La Commune et ses fédérés ont …fédéré des forces différentes voir même divergentes que rassemblait un objectif aussi premier que commun. Seules les trahisons en sont venues à bout mais 150 ans d’expérience permettent de mieux cerner les espaces à fiabilité douteuse et les embusqués de la récup politique.

Commune, qui porte commun. Voila de quoi rassembler tout ce qui porte de communisme…à condition de savoir se sortir de l’ornière où ceux qui se prétendent dépositaires du nom interdisent à ceux qui se veulent cohéritiers de l’objectif de pouvoir en débattre.

Pour ceux qui ne me connaissent pas, disons le clairement La Canaille (Canaille le Rouge) est de ceux qui durant un peu plus d’un tiers de siècle ont dépensé sans compter temps, disponibilités et même part conséquente d’un salaire de cheminot, de mise en commun de tout autre moyens pour construire, à partir d’une sortie d’un passé à la fois grandiose mais aussi douloureux, un socialisme autogestionnaire. Échec. Pas sur l’objectif mais sur la possibilité dans les formes adoptées. Cela parce que le PCF sur la base d’un mot d’ordre qui porte tout cet échec à voulu devenir "un parti comme les autres".

C’est court, mais tout est là, y compris tous les aggiornamentos consécutifs qui feront du parti de la Résistance, de la lutte anticoloniale : "Le Parti", celui de la présidentielle (1969 inclus à celle de 2012 compris). Le rabaisser à cet espace sans consistance à la satisfaction tous ceux qui vont réussir à laminer l’outil indispensable pour casser le système.

C’est sur ce terrain que s’est organisée ce qui restera une défaite historique majeure du mouvement populaire et de la classe ouvrière. Dans un système donné, vouloir être comme les autres conduits à faire comme les autres…et donc s’inscrire dans le système qu’on prétend transformer.

La SFIO avait montré le chemin et nombre des dirigeants du PCF avaient pointé le risque le voyant lointain alors qu’il était à leurs pieds. Pas besoin d’approfondir pour expliquer que pour moi l’outil PCF est devenu un frein pour qui veut s’affranchir de la domination capitaliste et que quiconque travaille à lui redonner vigueur travaille contre son principe fondateur. Vouloir le sortir de l’ornière conduit à y attirer les sauveteurs.

Là où cela se complique, c’est qu’il est aussi impossible qu’injuste de mettre dans le même sac le camarade qui va à trois heure du matin coller une affiche ou à six diffuser un de ces tracts que celui qui, perclus d’envolées pseudo révolutionnaires, a produit le texte du dit tract ou joué de l’ambigüité du visuel de l’affiche. Ces mêmes dirigeants du PCF qui annoncent être dans la majorité quand celle-ci annonce rester raisonnable devant la pression du capital. Ce colleur d’affiches en soutenant les grands "communiqueurs" travaille contre lui même.

De même, il n’est point de passerelle possible au nom d’un constat partagé et pour La Canaille impartageable, à emprunter pour pouvoir se retrouver peu ou prou au côté de l’ennemi de classe. Si cela va mal dans les quartiers populaires (constat partagé) pas question de se retrouver aux côtés de tel ou tel intégriste social ; politique, religieux, où intégrisme est toujours synonyme de réactionnaire (au mieux, mais de péri voir para, ou ultra fasciste souvent). Elsa Triolet disait, bonheur politique et poétique de le rappeler : "les barricades n’ont que deux côtés" l’histoire de France montre que le bon côté est le versant du peuple qui toujours les dressent.

Quand celui qui signe La canaille a dénoncé (pas seuls mais parmi des plus que très isolés à l’époque) un R.Hue qui voulait régler avec les flics les problèmes de drogue qu’il constatait dans sa ville, il ne savait pas qu’il levait un coin du voile de la capitulation. Non pas par approbation des trafiquants mais pour la stigmatisation de familles repérés sur des critères qui ouvrait la voie aux campagnes du F-Haine. Un voile qui fera de Hue (par son manque de volonté d’affronter sur le terrain de classe la réalité des ferments de la crise, leurs solutions délinquantes pour échapper aux conséquences de la casse industrielle et des politiques patronales) celui qui deviendra le fondé de pouvoir de la solution façon Valls.

Valls qui ose dire ce jour (27 juin) "être de gauche ce n’est pas vouloir régulariser tous les sans papier". Après le SMIC, deuxième et hélas pas second reniement fondamental des promesses du PS, avant la capitulation (peu surprenante) en rase campagne devant les marchés financiers.

S’il faut se réjouir de voir comment le mouvement populaire a chassé l’ex troll de l’Elysée, faut-il se réjouir de voir comment la politique qui se met en place va faire revenir rapidement aux affaires les mêmes décomplexés et recomposés pour reprendre l’ouvrage là où le PS et ses soutiens vont le laisser, lâché par la lassitude (espérons la colère) de ceux qui viennent d’être si magnifiquement cocufiés ?

La Canaille, qui n’est plus au PCF tant celui-ci a fait d’effort pour s’affranchir des milliers de communistes des entreprises et des quartiers, en arrive à ne plus accepter de rester dans l’arène gauche droite et ce centre visqueux qui fait les majorités de pouvoir contre le peuple. Ces repères sont-ils toujours efficients ? Sur ce point les analyses des communistes grecs semblent plus pertinentes ; si la gôche soutient l’UE c’est que soit la valeur "gauche" n’a plus de sens ou que cette gôche là est une droite en tenue de camouflage. Dès lors et parce qu’il faut se doter d’un outil pour casser le carcan et construire autre chose, de quoi avons nous besoin ?

Lénine, qui contrairement à ce que disent les idéologues en escarpins qui se parfument de tracer la route de l’ex PCF, n’a pas dit que des conneries. Il l’a résumé dans deux ouvrages à ne pas prendre comme des bibles mais comme des points d’appuis pour porter sa propre réflexion : "Que faire" et "l’État et la Révolution" (il n’a pas écrit que cela mais pour l’objet qui nous intéresse, ils sont incontournables).

Il nous faut un objectif : nous affranchir de la domination du capitalisme et du carcan administratif et organisationnel (l’État) qui lui permet d’organiser sa domination de classe. Et le moyen de cet affranchissement est unique : s’organiser.

Là, nous allons avoir un point de débat. D’aucuns, de bons camarades, considèrent qu’il faut construire une avant-garde, que c’est le rôle du parti de s’ériger comme étant cette avant-garde. A partir des travaux de Lénine puisant dans Marx, Trotski comme Staline ont poussé chacun cette logique jusqu’à leur terme avec les conséquences que nous connaissons.

Pour ma part qui ne suit ni l’un ni l’autre et ne postule pas de près ou de loin à les titiller pour prendre leur place, j’oserai juste une hypothèse qui renvoi à ce bon vieux Marx et son complice Engels :

Si le communisme c’est le mouvement, l’avant-garde est faite de ceux qui animent par leur intervention (luttes, réflexions, actions) au quotidien ce mouvement. Dès lors, le rôle de ceux qui ressentent ce besoin d’organisation n’est pas de constituer un comité central qui déléguera mission à comptabiliser les troupes mais de se mettre au service des dites troupes pour construire le mouvement qui modifiera le rapport de forces pour briser l’état des choses existant.

Cela implique de ne pas conduire cette construction l’œil rivé sur le rétroviseur et le pied sur la pédale de frein pour que ceux partis en retard arrivent à nous rejoindre. On ne prend jamais de retard sur l’histoire, on s’est trompé. Retarder le mouvement pour attendre leur éternel retour, le temps qu’ils quittent la buvette de l’Assemblée ou la présidence du comice agricole, c’est persister dans l’erreur. C’est ce qui ouvre de l’espace aux thèses populistes qui ainsi ont du champ pour détourner les colères pour que rien ne change sauf la camisole des libertés démocratiques.

Bien conscient qu’avec ces quelques idées de fin juin, pas question de reproduire des thèses d’Avril, voila des pistes de réflexions que j’aurai aimé explorer avec vous si j’avais pu me rendre disponible pour participer à vos travaux.

Ce sera peut-être pour l’année prochaine pour ma part j’y songe en souhaitant que vos travaux auront su peser pour que les questions ne soient plus posées dans les termes où je vous les propose. Mais là…

Bon travail et bonjour à tous.

GuyH / Canaille le Rouge

PS je crois que je mettrai en p@ge sur mon c@rnet juste avant de partir vers les espaces iodés de cet ouest où la météo m’est plus facile que votre superbe mais implacable soleil qui, de mai à octobre, ne me veut jamais du bien.


Le titre est de Rouge Midi


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