L’Agent Orange....Histoire d’une Guerre Chimique....

Quand les USA utilisaient des armes de destruction massive...
jeudi 6 juillet 2006
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Alors que l’on sait aujourd’hui à quel point les gouvernants US ont menti sur les armes chimiques soi-disant détenues par l’Irak un rapport révélait il y a un an les terribles conséquences de l’utilisation de défoliants par l’armée américaine au Viêt-Nam.

L’amiral Elmo R. Zumwalt, chef des opérations navales pendant là guerre du Viêt Nam, avait qualifié ce conflit de « plus grande guerre chimique expérimentale ». L’enquête menée pendant cinq ans par Jeanne Mager Stellman et l’équipe de toxicologie de 1’université Columbia*, à New York, établit que non seulement les Etat-Unis ont utilisé beaucoup plus de défoliants qu’un premier rapport, en 1974, ne l’avait établi, mais que la quantité de cancers, (lymphomes et sarcomes), morts néonatales et malformations congénitales dus aux dioxines contenus dans ces défoliants avaient été considérablement sous-évalués.

Des mesures réalisées en 2000, au sein de la population vietnamienne ont décelé chez certains sujets des taux de dioxine deux cents fois supérieurs à la limite acceptable. Quant aux soldats américains, ils n’ont pas été épargnés. Cent mille anciens GI auraient été atteints de cancers liés à leur exposition aux différents agents chimiques, empoisonnements qui auraient aussi entraîné des séquelles parmi trois mille de leurs enfants.

Entre 1961 et 1971, l’armée américaine a en effet utilisé des herbicides et défoliants chimiques comme armes militaires, comme l’avaient auparavant fait les Britanniques en Malaisie. Pendant une décennie, et sans discontinuer, toute une partie du couvert végétal du Viêt-Nam méridional a été inlassablement arrosée de millions de litres d’agents toxiques. L’objectif était de priver les forces Viêt-cong, les maquisards communistes en lutte contre le régime sud-vietnamien, de la protection du couvert végétal et de faciliter les frappes aériennes au sol. Ces missions n’hésitèrent pas à « déborder » au nord du 17e parallèle (frontière établie entre le Nord et le Sud Viêt-Nam lors des accords de Genève, en 1954) pour détruire les convois de ravitaillement La piste Hô Chi Minh sera largement arrosée dans sa partie laotienne, sans parler de l’intérieur du Cambodge, alors que ces deux pays ne sont pas engagés dans le conflit.

D’août à décembre 1961, la guerre n’est pas encore officiellement déclarée. L’utilisation des armes chimiques est bannie par le protocole de Genève (1925). Les premiers tests d’herbicides utilisant de la dioxine (dinoxol et trinoxol) ont pourtant lieu au Viêt-Nam. Un agent dit pourpre est utilisé à partir d’octobre 1962. Un agent bleu, en novembre de la même année. Pourpre, bleu, blanc, rose, orange... de la même année, Pourpre, bleu, blanc, rose, orange. . .Les appellations de l’arsenal chimique correspondent à la couleur des étiquettes présentes sur les bidons de défoliants ! Entre 1962 et 1965, 1,9 million de litres d’agent pourpre sont déversés.

Dès le début officiel de la guerre, une opération parallèle baptisée « Ranch hand », « Ouvrier agricole », reçoit l’aval de l’administration Kennedy. Après la jungle, l’objectif est cette fois d’anéantir les récoltes de l’adversaire. Il faut réduire, affamer l’ennemi. L’agent bleu (arsenic) est particulièrement affecté à cette tâche. Mais la priorité donnée au plus redoutable dès herbicides coïncide avec la présidence de Lyndon Johnson. En 1966, l’agent blanc (picloram) est remplacé par l’agent orange. I’action défoliante du premier n’est pas assez rapide. Le nouvel herbicide est un mélange de deux composés chimiques, de l’acide trichlorophéxyacétique et de la très toxique dioxine, à des niveaux de concentration variés. Un agent orange II (super orange) est même employé en 1968 et 1969.

Tous ces produits sont copieusement pulvérisés sur la forêt indochinoise au cours de dix mille missions aériennes entre 1961 et 1971. Des chiffres que l’on connaît précisément grâce au programme Herbs des archives militaires informatisées de l’US Air Force auxquelles ont eu recours les chercheurs de Columbia. On y trouve le descriptif complet des missions d’épandage exécutées par avion et par hélicoptère, durant toute la durée du conflit. Cependant, c’est l’accès aux carnets de bord des pilotes qui a permis aux chercheurs new-yorkais de connaître ce qui ne figurait pas dans le programme Herbs : le détail des objectifs des missions.

L’étude patiente et minutieuse des milliers de plans de vols, croisés avec les quantités et catégories d’herbicides employés, les dates, les coordonnées géographiques des secteurs traités ont permis de retracer une cartographie précise des zones atteintes par les produits toxiques. De chiffrer la quantité de populations civiles exposées directement, d’identifier les unités de marines arrivés sur les lieux après les épandages, et qui ont donc été intoxiqués. Les données montrent ainsi que 3181 villages ont été directement arrosés, ce qui a entraîné la contamination - si l’on tient compte de la dispersion éolienne - de 2,1 à 4,8 millions de personnes. De quoi permettre aux médecins d’évaluer avec précision les retombées du terrible poison et mieux cibler leur travail de terrain..

Car le nombre de cas de cancers dans la population vietnamienne a continué de croître cinq, dix ou vingt ans après la fin du conflit. Ce n’est pourtant que le 10 mars 2002, que s’est tenu à Hanoi un congrès international consacré à ce grave dossier. Il réunissait des spécialistes venus mesurer l’étendue des dommages sanitaires et environnementaux causés par la dioxine présente dans les défoliants. En plus de son terrible bilan humain, cette guerre chimique a aussi provoqué l’érosion et la stérilisation de nombreux sols, ainsi que la disparition d’une grande quantité d’animaux.

Quant aux populations touchées, si 20 000 anciens combattants américains ont réussi, en 1984, à faire condamner les fabricants Dow Chemical et Monsanto en 1984, à hauteur de 180 millions de dollars, les victimes vietnamiennes - en nombre considérable -se contentent, elles, d’une allocation symbolique versée depuis février 2000... Pour plus de 77 millions de litres de défoliants épandus.

2005 - Comités AAFV (Association d’amitié Franco Vietnamienne) Maine Loire & Franche Comté - Didier CLAVEQUIN

Source :

http://www.aafv.org/

http://www.solidaritevietnam.org/


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